SITE PROFESSIONNEL
Entorse : comprendre, prévenir et bien se rééduquer
  1. Accueil
  2. Le blog
  3. Entorse : comprendre, prévenir et bien se rééduquer
Retour aux Actualités

Entorse : comprendre, prévenir et bien se rééduquer

Blessures Sport

Mis Ă  jour le

Tu as déjà ressenti cette douleur soudaine, ce craquement suivi d’un gonflement immédiat après une mauvaise réception ou un appui qui part de travers ? Tu penses direct à une entorse… et tu te demandes combien de temps tu vas rester sur la touche. C’est l’une des blessures les plus fréquentes chez les sportifs – et même dans la vie de tous les jours – mais elle est souvent mal prise en charge. Résultat : douleurs persistantes, instabilité, récidives… et parfois des mois sans sport.

Dans cet article, on va voir ensemble d’où vient une entorse, les différents types, comment la prévenir, comment bien se rééduquer, et pourquoi certains sports sont plus à risque que d’autres. Avec des infos validées par la science, pour que tu saches exactement quoi faire si ça t’arrive – et éviter que ça se reproduise.

D’où vient une entorse ?

Une entorse est une lésion des ligaments qui entourent et stabilisent une articulation. Elle survient lorsqu’un mouvement forcé – torsion, traction ou choc – dépasse l’amplitude physiologique du ligament, provoquant un étirement ou une déchirure partielle ou complète. Les entorses les plus fréquentes concernent la cheville et le genou, mais elles touchent aussi le poignet, les doigts, le pouce, la région cervicale et, plus rarement, le pied (entorse de Chopart).

Au niveau de la cheville, l’entorse latérale (lésion du ligament talo-fibulaire antérieur) représente plus de 75 % des cas (Herzog, 2019). Elle est particulièrement fréquente lors d’un changement brutal d’appui, souvent en sport, mais aussi dans la vie quotidienne lors d’une marche sur terrain irrégulier.

Pour le genou, les entorses touchent principalement les ligaments croisés ou collatéraux (Logerstedt, 2017), souvent à la suite d’un pivot ou d’un contact violent. Les entorses du poignet et du pouce apparaissent généralement après une chute sur la main. Quant à l’entorse cervicale, aussi appelée « whiplash » (Bragg, 2023), elle résulte d’un mécanisme d’accélération-décélération brutal de la tête, par exemple lors d’un accident de voiture.

Les différents sous-types d’entorse

Toutes les entorses ne se valent pas. Elles se classent selon la gravité de la lésion ligamentaire :

  • Entorse bĂ©nigne (ou distension) : le ligament est simplement Ă©tirĂ© sans dĂ©chirure. Douleur et gonflement modĂ©rĂ©s, rĂ©cupĂ©ration rapide.
  • Entorse moyenne : dĂ©chirure partielle d’un ligament, entraĂ®nant une instabilitĂ© plus marquĂ©e.
  • Entorse grave : rupture complète d’un ou plusieurs ligaments, souvent associĂ©e Ă  d’autres lĂ©sions (mĂ©nisque, capsule, os).

Certaines localisations ont des noms spécifiques :

  • Entorse de la cheville : la plus frĂ©quente.
  • Entorse du genou : touche les ligaments croisĂ©s ou collatĂ©raux.
  • Entorse de Chopart : rare, touche le mĂ©dio-pied.
  • Entorse du poignet, du doigt ou du pouce : souvent après chute.
  • Entorse cervicale : whiplash, suite Ă  un accident.

Comment savoir si on a une entorse ?

Les premiers signes incluent douleur immédiate, gonflement rapide, parfois un craquement ressenti. Pour la cheville, l’appui est difficile voire impossible. Dans le genou, l’instabilité est fréquente. Pour une entorse cervicale, on retrouve une raideur de nuque, des céphalées, parfois des fourmillements dans les bras. Le diagnostic repose sur l’examen clinique (Vuurberg, 2018), complété si nécessaire par une échographie ou une IRM.

Que faire en cas d’entorse ?

C’est la question la plus fréquente : Entorse cheville, que faire ? Que faire pour une entorse cheville ? Comment soigner une entorse ?

La règle est d’abord de protéger l’articulation :

  • Mettre au repos sans immobiliser totalement.
  • Appliquer glace et compression pour limiter l’inflammation.
  • Élever le membre atteint.

Selon les recommandations scientifiques (Vuurberg, 2018), un court repos suivi d’un traitement fonctionnel (strapping ou chevillère + exercices) donne de meilleurs résultats qu’une immobilisation longue. La chirurgie est réservée aux cas très graves ou instables.

Pour plus de détails pratiques, consulte notre article Que faire suite à une entorse de cheville.

Existe-t-il un remède miracle pour entorse de cheville ?

La vérité, c’est qu’il n’y a pas de “remède miracle”. La récupération passe par un processus de rééducation structuré, associant renforcement musculaire, proprioception et reprise progressive des activités. Certaines chevillères peuvent aider à la prévention des récidives (Vuurberg, 2018), mais elles ne remplacent pas un programme de rééducation actif. Nous en parlons en détail dans La fin des entorses grâce aux chevillères.

Le processus de guérison et de rééducation

La durée de guérison varie selon la gravité :

  • Entorse bĂ©nigne : 1 Ă  3 semaines.
  • Entorse moyenne : 4 Ă  6 semaines.
  • Entorse grave : plusieurs mois avec parfois chirurgie.

La rééducation suit des étapes bien établies (Logerstedt, 2017 ; Vuurberg, 2018) :

  1. Phase aiguë : réduire douleur et inflammation, restaurer une mobilité douce.
  2. Renforcement et proprioception : travail musculaire, équilibre, exercices fonctionnels.
  3. Retour au sport : tests de force, de sauts, de stabilité avant reprise.

Sans rééducation adaptée, jusqu’à 70 % des entorses peuvent entraîner une instabilité chronique (Herzog, 2019), favorisant les récidives et l’arthrose secondaire.

Comment prévenir les entorses ?

La prévention repose sur :

  • Un bon Ă©chauffement et un renforcement des muscles et tendons autour de l’articulation.
  • Des exercices de proprioception rĂ©guliers
  • Des chaussures adaptĂ©es Ă  l’activitĂ©.
  • Parfois une chevillère ou un strapping en prĂ©vention pour les sportifs Ă  risque.

Ces stratégies réduisent significativement l’incidence et les récidives (Vuurberg, 2018).

Dans quels sports retrouve-t-on le plus d’entorses ?

Les sports avec courses, changements de direction et contacts sont les plus Ă  risque :

  • Football, basketball, handball, rugby.
  • Sports de raquette (tennis, badminton).
  • Sports de glisse ou de combat.
    Les entorses cervicales sont plus souvent liées aux sports de contact et aux accidents de voiture, tandis que les entorses du poignet, du doigt et du pouce concernent les sports avec chute (ski, gymnastique).

Conclusion

L’entorse est une blessure fréquente qui ne doit pas être prise à la légère. Un diagnostic précis, un traitement fonctionnel adapté et une rééducation active sont les clés d’un retour complet et sans séquelles. Négliger ces étapes expose à l’instabilité chronique et à la récidive.

👉 Tu veux aller plus loin dans ta rééducation et reprendre ton sport sans douleur ? Découvre notre Kit du sportif sans douleur, un programme complet pour réduire la douleur, récupérer ta mobilité et retrouver la confiance dans tes appuis.

Découvre le kit du sportif sans douleur

Le kit complet pour venir à bout de tes douleurs, limiter le risque de blessure, optimiser ta récupération et booster tes performances

Bibliographie (Vancouver)

  1. Vuurberg G, Hoorntje A, Wink LM, et al. Diagnosis, treatment and prevention of ankle sprains: update of an evidence-based clinical guideline. Br J Sports Med. 2018;52(15):956-956.
  2. Herzog MM, Kerr ZY, Marshall SW, Wikstrom EA. Epidemiology of ankle sprains and chronic ankle instability. J Athl Train. 2019;54(6):603-610.
  3. Logerstedt DS, Scalzitti DA, Risberg MA, et al. Knee stability and movement coordination impairments: knee ligament sprain revision 2017. J Orthop Sports Phys Ther. 2017;47(11):A1-A47.
  4. Bragg KJ, Varacallo MA. Cervical sprain. StatPearls. 2023.

Dans la même catégorie