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Périostite tibiale et surpoids : comprendre, prévenir et traiter
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Périostite tibiale et surpoids : comprendre, prévenir et traiter

Blessures Sport

Mis Ă  jour le

Tu as repris la course, la marche rapide ou le sport et une douleur commence à apparaître le long du tibia ? Si tu es en surpoids, tu peux rapidement te demander si tes kilos en plus sont responsables.

Le poids peut effectivement augmenter certaines contraintes sur le tibia. Mais une périostite tibiale et le surpoids ne sont pas automatiquement liés par une relation simple de cause à effet. Le problème apparaît plutôt lorsque la charge imposée à ta jambe dépasse ce que tes tissus sont actuellement capables de supporter.

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe plusieurs leviers pour agir : adapter temporairement ton activité, renforcer tes jambes et reprendre progressivement les impacts.

Avant qu’on commence, petite précision : cet article a été écrit pour t’aider à comprendre clairement ta douleur et savoir exactement quoi faire à la maison pour aller mieux, étape par étape.

Qu’est-ce que la pĂ©riostite tibiale en cas de surpoids ?

La périostite tibiale, souvent appelée syndrome de stress tibial médial ou MTSS dans la littérature scientifique, correspond à une douleur liée à l’effort située le long du bord postéromédial du tibia.

Classiquement, la zone douloureuse s’étend sur au moins 5 cm. La douleur est diffuse plutôt que concentrée sur un tout petit point (Winters, 2020).

On parle d’« inflammation du pĂ©rioste », cette membrane qui enveloppe l’os. D’oĂą le nom de pĂ©riostite. Le suffixe “ite” faisant rĂ©fĂ©rence Ă  l’inflammation.

Périostite tibiale surpoids : où se situe la douleur ?

La forme classique concerne surtout la face interne et postéromédiale du tibia, généralement sur sa moitié ou son tiers inférieur.

Une douleur franchement antérieure n’est donc pas forcément la même chose. Elle peut correspondre à une autre cause de douleur tibiale en surpoids, notamment musculaire, osseuse ou liée à un syndrome de loge.

C’est important, car toutes les douleurs sur le tibia ne sont pas des périostites.

Pourquoi le surpoids favorise-t-il la périostite tibiale ?

Le premier réflexe serait de dire : « plus tu es lourd, plus ton tibia prend cher ». C’est partiellement vrai, mais beaucoup trop simpliste.

Une méta-analyse portant sur les facteurs de risque de périostite a identifié un poids corporel plus élevé comme facteur associé au développement de cette blessure. Un navicular drop plus important, qui traduit notamment la manière dont le pied s’affaisse en charge, faisait également partie des facteurs associés (Reinking, 2017).

Autrement dit, le surpoids peut favoriser une périostite tibiale, mais il n’est qu’une pièce du puzzle.

Périostite tibiale surpoids : une question de charge et de capacité

Imagine ton tibia comme une structure qui s’adapte progressivement.

Marcher, courir et sauter imposent des contraintes à l’os, aux muscles et aux autres tissus de la jambe. Ce n’est pas mauvais. C’est même indispensable pour les renforcer.

Le problème commence lorsque tu augmentes la contrainte beaucoup plus vite que ta capacité à la tolérer.

Par exemple, tu peux peser 95 kg et courir régulièrement depuis plusieurs années sans douleur. À l’inverse, tu peux peser 75 kg, passer brutalement de zéro à quatre sorties par semaine et développer une périostite.

Le surentraînement, une reprise trop rapide ou une augmentation brutale du volume peuvent donc être plus importants que le chiffre affiché sur la balance.

Périostite tibiale surpoids, hyperpronation et foulée

La mécanique du pied peut également intervenir.

Une pronation importante ou prolongée est régulièrement observée dans les recherches sur la périostite. Le navicular drop est d’ailleurs l’un des facteurs de risque retrouvés dans les synthèses scientifiques (Reinking, 2017).

Cela ne signifie pas qu’il faut absolument « corriger » chaque pied qui part vers l’intérieur avec des semelles orthopédiques.

La pronation est un mouvement normal.

Chez certaines personnes, en revanche, une hyperpronation, associée à une forte augmentation des impacts et à une capacité musculaire insuffisante, peut participer au problème.

La fatigue semble elle aussi modifier le contrôle du mouvement chez les coureurs ayant des antécédents de périostite tibiale (Schütte, 2018).

Quels sont les symptĂ´mes d’une pĂ©riostite tibiale avec surpoids ?

Le symptôme caractéristique est une douleur le long du bord postéromédial du tibia, provoquée pendant ou après l’activité.

Au début, tu peux ressentir une gêne ou une sensation de brûlure après 15 ou 20 minutes de course. La douleur disparaît ensuite au repos.

Si tu continues à augmenter les contraintes malgré les symptômes, elle peut apparaître plus tôt pendant l’effort. Dans les cas plus irritables, elle peut persister pendant plusieurs heures ou devenir présente pendant la marche et certaines activités quotidiennes (Shaw, 2023).

La zone est généralement sensible lorsque tu appuies dessus. Certaines personnes décrivent également une raideur le matin ou un léger gonflement local.

Que tu sois en situation de périostite tibiale et obésité ou simplement en léger surpoids ne change donc pas fondamentalement les symptômes.

En revanche, si la douleur est très localisĂ©e sur quelques centimètres, devient importante au repos ou la nuit, ou s’accompagne d’un gonflement marquĂ©, mieux vaut consulter rapidement pour rechercher une autre atteinte.

Comment diagnostiquer une périostite tibiale avec surpoids ?

Le diagnostic est avant tout clinique.

Un médecin ou un kinésithérapeute va rechercher une douleur liée à l’activité et une sensibilité reconnaissable à la palpation sur au moins 5 cm du bord postéromédial du tibia. Cette combinaison permet généralement d’orienter le diagnostic avec une bonne fiabilité (Winters, 2020).

Un podologue peut complĂ©ter l’Ă©valuation lorsque la mĂ©canique du pied, la voĂ»te plantaire, les chaussures ou les semelles semblent jouer un rĂ´le.

Un ostéopathe peut également évaluer ta mobilité et tes symptômes, mais une douleur osseuse suspecte nécessite surtout un avis médical adapté.

Périostite tibiale surpoids : faut-il passer une IRM ?

Pas systématiquement.

L’IRM ou une autre imagerie peut devenir intéressante lorsque le tableau n’est pas typique ou lorsqu’il faut rechercher une fracture de stress ou une autre atteinte osseuse. Mais une image ne remplace pas l’examen clinique : l’imagerie seule ne permet pas toujours de distinguer correctement une périostite tibiale clinique (Winters, 2020).

Quels traitements pour une périostite tibiale liée au surpoids ?

L’objectif n’est pas forcément de mettre ta jambe au repos complet pendant plusieurs semaines.

Il faut surtout diminuer temporairement ce qu’elle ne tolère plus, tout en maintenant ce qu’elle supporte.

Si courir 30 minutes provoque une douleur importante, tu peux par exemple réduire la durée, espacer tes sorties ou remplacer temporairement certaines séances par du vélo ou de la natation.

C’est particulièrement intéressant pour maintenir une activité physique lorsqu’on cherche à maintenir une activité physique malgré la périostite !

Concernant les AINS, ils peuvent parfois être prescrits pour gérer la douleur. Ils ne règlent cependant pas la cause mécanique du problème et ne doivent pas devenir une stratégie permettant de courir en masquant les symptômes.

Kinésithérapie surpoids périostite : remettre progressivement de la charge

La kinésithérapie surpoids périostite repose notamment sur la gestion de la charge, le renforcement et la reprise progressive de l’activité.

La fonction musculaire mérite une attention particulière. Une revue systématique a retrouvé chez les personnes souffrant de périostite des différences concernant notamment l’endurance des fléchisseurs plantaires et l’activité du soléaire (Mattock, 2021).

Programme maison pour une périostite tibiale avec surpoids

Commence par des montées sur pointes de pieds.

Debout, monte lentement sur les pointes, marque une seconde en haut puis redescends en contrôlant. Fais 3 séries de 10 à 15 répétitions, trois fois par semaine. Si c’est facile, réalise progressivement l’exercice sur une seule jambe ou ajoute une charge dans un sac à dos.

Ajoute ensuite un travail du tibial antérieur. Dos contre un mur, avance légèrement les pieds puis relève les pointes vers toi sans décoller les talons. Fais 3 séries de 15 à 25 répétitions.

Enfin, travaille l’équilibre sur une jambe pendant 30 à 45 secondes, trois fois de chaque côté.

Une prise en charge de physiothérapie combinant repos relatif, renforcement, travail de mobilité, proprioception et reprise progressive de la charge a donné de bons résultats dans un cas clinique récent de coureur débutant, même si un cas isolé ne permet évidemment pas d’affirmer qu’un protocole fonctionne chez tout le monde (Ramteke, 2024).

Pendant les exercices, une gêne légère peut être acceptable si elle reste stable et redescend rapidement. En revanche, évite de forcer sur une douleur qui augmente série après série ou qui est nettement plus forte le lendemain.

Si tu veux aller plus loin, on a écrit un article à ce sujet !

Comment prévenir une périostite tibiale quand on est en surpoids ?

Pour prévenir une périostite tibiale en surpoids, ton meilleur outil reste la progressivité.

Si tu recommences à courir, ne cherche pas immédiatement à faire 30 ou 40 minutes en continu. Tu peux alterner deux minutes de marche et une minute de course, puis augmenter progressivement la proportion de course.

Ton poids n’a pas besoin d’atteindre une valeur « idéale » avant que tu aies le droit de courir.

Une évolution progressive du poids peut néanmoins réduire certaines contraintes si tu es en surpoids important. L’objectif doit rester compatible avec une alimentation suffisante et une activité physique régulière, pas avec une restriction brutale.

Concernant les chaussures, une paire confortable et adaptée à ton activité est un bon point de départ. Des marques comme Kiprun, distribuées notamment chez Decathlon, proposent de nombreuses chaussures de running. Mais aucune chaussure ne peut compenser à elle seule un entraînement beaucoup trop rapide.

Même logique pour les semelles périostite surpoids : elles peuvent être utiles chez certaines personnes, notamment en présence de symptômes associés au pied, mais elles ne sont pas automatiquement nécessaires.

FAQ sur la périostite tibiale et le surpoids

Conclusion : pĂ©riostite tibiale et surpoids, ton poids n’est qu’une partie du problème

Une périostite tibiale en surpoids n’est pas simplement la conséquence de kilos en trop.

Ton poids peut augmenter le risque, mais la blessure dépend aussi de la quantité de contraintes imposées à ton tibia, de la vitesse à laquelle tu augmentes ton activité et de la capacité musculaire et osseuse de tes jambes.

Réduis temporairement les activités irritantes, maintiens une activité que tu tolères, renforce progressivement tes jambes puis reconstruis ta course étape par étape.

Et si la douleur persiste, devient très localisée ou apparaît au repos, fais-la évaluer par un professionnel de santé afin de vérifier le diagnostic.

Si tu veux un guide complet et progressif pour reprendre le sport et renforcer tes jambes sans brûler les étapes, découvre le programme Périostite par Training Thérapie pour soulager la périostite tibiale et reprendre la course progressivement.

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Bibliographie

  1. Reinking MF, Austin TM, Richter RR, Krieger MM. Medial tibial stress syndrome in active individuals: a systematic review and meta-analysis of risk factors. Sports Health. 2017;9(3):252-261. doi:10.1177/1941738116673299.
  2. SchĂĽtte KH, Seerden S, Venter R, Vanwanseele B. Influence of outdoor running fatigue and medial tibial stress syndrome on accelerometer-based loading and stability. Gait Posture. 2018;59:222-228. doi:10.1016/j.gaitpost.2017.10.021.
  3. Winters M. The diagnosis and management of medial tibial stress syndrome: an evidence update. Unfallchirurg. 2020;123(Suppl 1):S15-S19. doi:10.1007/s00113-019-0667-z.
  4. Mattock JPM, Steele JR, Mickle KJ. Are leg muscle, tendon and functional characteristics associated with medial tibial stress syndrome? A systematic review. Sports Med Open. 2021;7:71. doi:10.1186/s40798-021-00362-2.
  5. Shaw A, Newman P, Witchalls J, Hedger T. Externally validated machine learning algorithm accurately predicts medial tibial stress syndrome in military trainees: a multicohort study. BMJ Open Sport Exerc Med. 2023;9:e001566. doi:10.1136/bmjsem-2023-001566.
  6. Ramteke SU, Jaiswal PR. Physical therapy perspectives for medial tibial stress syndrome in a novice runner: a case report. Cureus. 2024;16(8):e67647. doi:10.7759/cureus.67647.

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