Le judo, l’art martial le plus pratiqué en France, est un sport qui permet de développer toutes les qualités physiques (mobilité, force, puissance, explosivité, endurance…), et qui nécessite une abnégation sans relâche à l’entrainement. Les phases de lutte et les projections à haute vitesse peuvent malheureusement générer des blessures traumatiques assez régulières, et il est important de les connaitre pour pouvoir vite réagir si on y fait face.
Le judo et les articulations Ă risque
Lorsque l’on pratique le judo, certaines zones du corps sont soumises à de grosses contraintes. Si jamais tu t’es blessé récemment, nous te conseillons d’aller voir ton médecin pour affiner le diagnostic. N’oublie pas qu’être entouré de bons professionnels de santé est la clé pour guérir.
Les articulations les plus touchées au judo sont :
- La cheville : les entorses sont monnaie courante. La cheville peut rester bloquer dans le tatami, et tourner. C’est le jeu !
- Les genoux : les entorses peuvent être fréquentes. La pire étant l’atteinte du ligament croisé antérieur.
- Les épaules : tendinopathies ou instabilité, l’épaule est mise à rude épreuve lors de la pratique du judo (vu les amplitudes de certains mouvements).
- Les mains : le kumi-kata comme on dit, fait souffrir les doigts. C’est assez régulier de voir des entorses des doigts lors des saisies de kimono.
Tu le sais, le judo est loin d’être un sport où on se repose. Comme tout sport pratiqué à haute intensité, il peut même être parfois pourvoyeur de blessure. Selon l’étude de (Čierna, 2019), les femmes et les hommes ont autant de risque de blessure.

Les blessures les plus courantes au judo
On aurait pu rajouter d’autres zones touchées dans les lignes précédentes (comme les cervicales ou les hanches), mais nous allons nous concentrer sur ces quatre articulations. Découvrons ensemble les blessures les plus courantes au judo.
L’entorse de cheville
Parfois appelée « foulure », l’entorse de cheville correspond à une mise en tension excessive des ligaments de la cheville, surtout en inversion (donc quand le pied part vers l’intérieur).
Les entorses de cheville sont, pour la majorité, dues à un tas de facteurs associés qui fait que tu poses ton pied un peu sur le côté lors de la réception de ce dernier au sol, et que tu ne réagis pas assez vite pour l’empêcher de tourner.
Pas de panique, ça se rééduque bien. Nous avons d’ailleurs écrit un article complet à ce sujet.
L’entorse du ligament collatéral médial du genou
Une entorse du ligament collatéral médial du genou peut se produire lorsque ce ligament (situé à l’intérieur du genou) est mis en tension de manière excessive (on peut retrouver ça sur certains mouvements d’épaule en passant sous le partenaire). Ce ligament relie le fémur au tibia et aide à stabiliser l’articulation en empêchant le genou de se plier trop vers l’intérieur. Ce type d’entorse peut aussi survenir si le partenaire force notre genou à se plier vers l’intérieur (pas sympa…).
Les symptômes sont assez classiques : douleur, gonflement et difficulté à plier et à tendre le genou en amplitude complète. C’est un peu long à rééduquer malheureusement…
La rupture du ligament croisé antérieur
En plus du ligament collatéral dont on vient de parler, et de son homologue latéral (situé à l’extérieur du genou), les genoux ont aussi des ligaments cachés à l’intérieur : les fameux ligaments croisés. Ils sont deux, et le plus touché au judo est l’antérieur. Ce dernier se met en tension en hyperextension de genou, et en valgus excessif.
La rupture du ligament croisé antérieure peut arriver, et elle fait peur à tous les sportifs. Il faudra réaliser une IRM pour voir si le ligament est bel et bien rompu…
Là aussi : no-stress. La rééducation est longue (opération ou pas d’ailleurs, on en parle dans cet article), mais elle se passe généralement très bien.
Les instabilités d’épaule
Une instabilité de l’épaule survient lorsque l’articulation de l’épaule n’est pas suffisamment stable (ou plutôt… plus assez stable), ce qui peut entraîner des subluxations (les deux os de l’articulation de l’épaule perdent un peu leur contact) ou des luxations (le pire niveau d’instabilité, la perte de contact est totale).
Les judokas qui souffrent d’instabilité de l’épaule peuvent ressentir des douleurs, mais ils se plaignent surtout d’une sensation de faiblesse, ou un manque de contrôle de l’épaule lors de certains mouvements (surtout au-dessus de la tête, ou lorsque le bras est loin sur le côté).
Ces problématiques d’instabilité se rééduquent très bien.
Les tendinopathies de la coiffe des rotateurs
Cette vidéo explique tout à ce sujet, et elle vaut mieux que dix paragraphes !
Les atteintes des doigts
Au judo, les doigts sont exposés à de fortes contraintes. Les blessures les plus courantes sont les entorses des ligaments des doigts, généralement causées par des torsions ou des impacts violents.
Comme pour la cheville, les entorses surviennent lorsque les ligaments sont trop étirés. Malheureusement, ces blessures peuvent être très douloureuses et nécessitent parfois une immobilisation temporaire pour guérir correctement.
Les bons réflexes pour ne pas se blesser
Diminuer le risque de blessure au MMA, c’est complexe, mais pas impossible. Cependant, ne pas se blesser du tout (ou du moins, en être sûr à 100%) : c’est inenvisageable. Un sport avec du contact, et donc avec un adversaire, est imprévisible. On ne peut donc pas être certain qu’on « évite » les blessures.
Mais nous te donnons quand mĂŞme nos meilleurs conseils pour minimiser les risques au maximum.

Évaluer sa charge d’entrainement correctement
La charge d’entrainement, c’est ce que tu imposes à ton corps. Ton corps est capable de s’adapter, mais il ne faut pas en faire trop d’un coup, ni plus assez (Gabbett, 2016).
À toi de doser ta charge d’entrainement (et ton stress mécanique) intelligemment.
Être bien entrainé
La clé pour perdurer au judo est « simple » :
- ĂŠtre fort (Cid-Calfucura, 2023)
- ĂŠtre mobile
- Résister à la fatigue
- Avoir une bonne technique sur ses mouvements “spéciaux”
À toi de faire assez de travail de mobilité et de renforcement à côté de ton travail technique et cardio. On t’a dit que c’était un sport complet, il ne faut pas nous faire mentir !
Être accompagné par un kiné du sport
Le kinésithérapeute du sport est le professionnel qui permet aux judokas de durer et de performer à long terme. Il peut, entre autres, t’aider à :
- Gérer avec le « stress mécanique » que tu imposes à ton corps
- T’aider à te renforcer
- Améliorer ta mobilité
- Te rééduquer si tu es blessé
Tu as donc tout intérêt à faire confiance à un bon (et pas à un clown) kinésithérapeute du sport pour performer au mieux sur les tatamis.
PRATIQUE TON SPORT SANS DOULEUR, SANS FRUSTRATION ET SANS APPRÉHENSION !