Nous nous sommes déjà tous demandé quelle était la meilleure technique pour réaliser un squat parfait (parfaitement adapté à notre anatomie) !
Aujourd’hui nous allons te donner nos prĂ©-requis pour rĂ©aliser un bon squat, et nous te dirons tout sur la « bonne » position des genoux, du dos et des autres articulations afin de rĂ©aliser ce mouvement en toute sĂ©curitĂ© !
Avant de commencer, retiens bien une chose : le squat n’est pas DANGEREUX, tant qu’il est bien maitrisĂ© !
Les 12 clés pour bien squatter
L’intention
La chose la plus importante lorsque l’on rĂ©alise un squat est de donner la bonne intention !
Afin d’activer au mieux la chaĂ®ne de poussĂ©e ( extension hanche et genou), pense Ă pousser le sol le plus fort possible avec tout ton pied (de l’avant de tes orteils Ă ton talon, tu dois rĂ©aliser un vrai « tripode » stable) ! Le but serait de laisser la marque de tes chaussures dans le sol (ou de tes pieds si tu squattes sans chaussures).
L’intention doit être maximale : tu dois te concentrer pour produire le plus de vitesse possible, tout en restant stable, même si la barre est lourde. Ton intention de vitesse (sauf si tu respectes un certain tempo) doit toujours être maximale.
Tout cela nécessite une justesse technique que je nous allons te détailler tout de suite !
Regard et position de la tĂŞte
La tĂŞte et la colonne cervicale doivent ĂŞtre en position plutĂ´t neutre. Pour cela, ne regarde pas tes pieds ni le plafond ! Il faudrait que tu conserves un regard vers l’horizon. Un regard fixĂ© vers le sol aura tendance Ă t’emmener vers l’avant et Ă te faire « dĂ©fixer » au niveau du rachis thoraciques. Mais, c’est une question de personnalisation (certains athlètes sont plus forts en regardant le sol ou en regardant très haut, Ă toi de t’adapter, nous te parlons ici de gĂ©nĂ©ralitĂ©s).
Position de barre
On retrouve souvent deux positions diffĂ©rentes : le high-bar (barre haute au dessus de l’Ă©pine de la scapula) ou le low-bar (barre basse, sous l’Ă©pine de la scapula).
Ă€ l’origine on pensait que la position de la barre faisait varier le recrutement musculaire, mais diffĂ©rents articles montrent qu’il n’y a pas de diffĂ©rence significative entre l’activation des diffĂ©rents groupes musculaires (Wretenberg, 1996 ; Roland Van Den Tillaar, 2020). En rĂ©alitĂ©, cela dĂ©pend de la façon dont vous activez ou pas vos chaines antĂ©rieures et postĂ©rieures. C’est donc très variable en fonction de chaque personne.
La position de barre va finalement influencer l’angulation de hanche, de genou et de cheville lors du squat. On retrouve une flexion de hanche plus importante, lors d’un squat complet, sur du low-bar et une flexion de cheville plus importante sur du high-bar (Wretenberg, 1996 ; Roland Van Den Tillaar, 2020).
On comprend donc facilement que le low-bar peut parfois mettre en tension plutĂ´t la chaine postĂ©rieure, et le high-bar la chaine antĂ©rieure. Quoi qu’il arrive, les deux n’ont pas la mĂŞme capacitĂ© de transfère dans les activitĂ©s sportives. Il faudra donc choisir la variante qui s’apparente le mieux Ă votre sport ou Ă vos besoins !
Comment gripper sa barre sur le squat ?
La barre doit ĂŞtre saisie fermement afin de permettre un ancrage fort ! Un bon grip permettra d’activer de façon plus importante le grand dorsal et donc d’augmenter la stabilitĂ© du rachis. Afin d’activer d’autant plus le grand dorsal et les fixateurs d’omoplates, il faut faire l’action d’Ă©craser la barre contre ses Ă©paules en gardant les coudes dans l’axe du tronc (Myer, 2014).
Et qui dit plus de stabilité dit moins de déformation et donc moins de risque de blessure et une meilleure performance ????
Protéger son dos avec un bon gainage
Le rachis thoracique (partie de la colonne entre le bas du dos et le cou) doit absolument rester assez droit. GĂ©nĂ©ralement lors de la phase excentrique (descente) il n’y a aucun soucis. Parfois, du fait d’un manque de gainage, on peut observer un arrondissement au niveau du milieu du dos. Pas d’inquiĂ©tude si c’est juste occasionnel, il y a peu de risque de blessure. Cependant comme nous le disions, cette erreur technique objective un dĂ©ficit de stabilitĂ© lors du squat.
Il faudra donc penser à travailler son gainage dynamique, adapté à la position de squat !
Activation du transverse lors de ton squat
Le transverse est le muscle le plus profond de la sangle abdominale. En se contractant, il permet d’augmenter la stabilitĂ© du rachis et de mieux rĂ©partir les contraintes.
La clĂ© permettant de produire de la force ou de la vitesse (selon l’objectif) est toujours de rester indĂ©formable !
Pour activer votre transverse nous vous conseillons de faire comme si vous vouliez aspirer votre nombril, ou comme si vous vouliez fermer un jean trop petit… Tout en gĂ©nĂ©rant de la tension au niveau du caisson abdominal !
Position du bassin sur le squat
Le bassin doit rester en position neutre pendant toute la durée du mouvement, une lordose excessive (le cul en arrière) augmentera les contraintes au niveau des articulaires postérieures (articulations entre 2 vertèbres de la colonne).
Sur la phase initiale, une légère rétroversion (bascule du bassin vers l’arrière) permet d’augmenter la contraction du transverse.
En bas du mouvement on peut observer ce qui est communément appelé le « buttwink ».
Qu’est ce que c’est ce buttwink ? Il s’agit d’un mouvement d’enroulement du bassin et de la colonne lombaire en fin d’amplitude de squat.
Est il dangereux ? Non, c’est comme tout : si il est contrĂ´lĂ© et qu’il y a une progressivitĂ© dans la charge qu’on applique sur ce buttwink, le danger sera Ă©cartĂ© (McKean 2010).
Le buttwink objective généralement une raideur musculaire ou articulaire, il s’agit donc ni plus ni moins d’une compensation. Et comme vous le savez notre philosophie de travail n’est pas trop pro-compensations.
Le torque sur le squat
Le torque est un mouvement qui est initié par les hanches. Il faut voir ça comme une force de rotation sans mouvement. Lors d’un squat, le pied est fixe, encré dans le sol, le torque externe exprime une force de rotation (produite par les fessiers) vers l’extérieur. Visuellement, les genoux s’écartent du centre du corps. Le torque interne exprime une force de rotation (produite par les adducteurs) vers l’intérieur, et cette fois ci, visuellement, les genoux rentrent.
Le torque externe permet donc de venir pré-activer les fessiers lors du mouvement de squat. Cette pré-activation permet de produire plus de force et de positionner le genou dans un axe physiologique.
Le torque interne n’est pas forcĂ©ment mauvais tant qu’il est contrĂ´lĂ©, et utilisĂ© Ă des fins de performance pure (sur des 1RM pertinents par exemple).
Limiter le valgus pour contrĂ´ler son squat
Le valgus correspond au mouvement d’adduction du genou vers l’intĂ©rieur : visuellement on observe des genoux qui se rapprochent lors du mouvement. Tu l’auras bien compris si tu nous suis sur les rĂ©seaux, nous te conseillons d’Ă©viter cette compensation trop rĂ©gulièrement.
D’une part, sur la phase excentrique ce valgus diminuera ton amplitude de mouvement, et il sera très compliquĂ© de squatter « cul au sol » avec un gros valgus. Et de plus, sur la phase concentrique (la montĂ©e), le valgus rĂ©sulte d’une activation trop importante des adducteurs et d’une inhibition des muscles fessiers.
Il est donc plus que nécessaire de limiter ce valgus au maximum pour contrôler au mieux ton squat !
Pour corriger un valgus de genoux important il va falloir passer par une phase de renforcement des fessiers et de contrôle du genou. Si tu en as besoin, notre programme GENOU est complètement adapté à cet objectif.
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Avancer les genoux sur le squat ?
« Tes genoux ne doivent pas dépasser ta pointe de pied sinon tu vas te blesser ! »
Tu as sûrement déjà entendu cette phrase ????
Et bien je te rassure c’est tout droit sortie de l’imaginaire ! Si tu veux squatter le plus profond possible, tes genoux sont obligĂ©s de dĂ©passer tes orteils. Ce mouvement rĂ©duit drastiquement les contraintes au niveau de la hanche et des lombaires par la mĂŞme occasion (Andrew, 2003 – Sci-Sport).
Donc si tu veux continuer de squatter sans « avancer » tes genoux car cela mets moins de contraintes au niveau de ces derniers (ce qui est vrai), tu vas tout simplement soumettre ton dos et tes hanches Ă des contraintes bien plus importantes…
Le choix t’appartient l’ami(e) !
La mobilité de cheville pour un bon squat profond
La mobilitĂ© de cheville est primordiale pour rĂ©aliser un squat bien profond. Elle est souvent extrĂŞmement limitĂ©e et entraine des compensations (prĂ©fĂ©rence du low-bar, augmentation de la flexion de hanche…).
Il est donc primordial d’améliorer sa flexion dorsale de cheville pour permettre au genou de dépasser les orteils librement et naturellement (comme on l’a vu précédemment) et donc d’être capable de squatter en utilisant harmonieusement sa chaîne antérieure et postérieure.
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La voûte plantaire, transmission de force pour le squat
La voûte plantaire constitue le point de contact entre le corps et le sol, c’est donc une clé dans la transmission de force ! Ce point de contact doit permettre de produire de la stabilité, et plus on est stable, plus on est fort !
Pour t’illustrer ce propos, il est plus facile de squatter sur un sol bien dur et bien stable plutôt que sur un sol extrêmement mou, type galette de proprioception (logique, merci le génie).
Donc la voĂ»te plantaire doit former un tripode en contact avec le sol (1er mĂ©tatarsien, talon et 5ème mĂ©tatarsien). Ce tripode doit rester actif pendant toute la durĂ©e du squat. Parfois, du fait d’un dĂ©ficit d’amplitude en flexion de cheville (et d’une faiblesse des muscles intrinsèques du pied), on observe un affaissement de la voĂ»te plantaire et donc du tripode.
Donc, RENFORCE TON PIED (squatte un peu pied nu de temps en temps ca peut être très pertinent).
Conclusion pour effectuer un bon squat
Le squat est un super mouvement. Il est fonctionnel (se transfert bien dans les activitĂ©s sportives et les activitĂ©s de la vie de tous les jours), et il est adaptable Ă tous, en fonction des variantes que l’on utilise. Si tu veux bien bouger, il faut que tu sois capable de bien squatter. Tu peux donc utiliser ce guide comme une « base » pour vĂ©rifier si tu maitrises ces quelques points clĂ©s, te permettant de squatter de la manière la plus efficiente possible !
Bibliographie :
Effect of Knee Position on Hip and Knee Torques During the Barbell Squat – ANDREW C. FRY, J. CHADWICK SMITH, AND BRIAN K. SCHILLING – Journal of Strength and Conditioning Research, 2003, 17(4), 629–633.
Placement des genoux au squat : cinĂ©matique du tronc et des membres infĂ©rieurs -P. Debraux Juin 2013 – Sci-sport.com
The back squat: A proposed assessment of functional deficits and technical factors that limit performance – Gregory D. Myer, Adam M. Kushner, Jensen L. Brent, Brad J. Schoenfeld, Jason Hugentobler, Rhodri S. Lloyd, Al Vermeil, Donald A. Chu, Jason Harbin, and Stuart M. McGill – Strength Cond J. 2014 Dec 1; 36(6): 4–27.
THE LUMBAR AND SACRUM MOVEMENT PATTERN DURING THE BACK SQUAT EXERCISE – MARK R. MCKEAN, PETER K. DUNN, AND BRENDAN J. BURKETT – Journal of Strength and Conditioning Research: October 2010 – Volume 24 – Issue 10 – p 2731-2741
Comparison of Muscle Activation and Kinematics in 6-RM Squatting with Low and High Barbell Placement – Roland van den Tillaar and Eric Helms – J Hum Kinet. 2020 Aug; 74: 131–142.
High- and low-bar squatting techniques during weight-training – WRETENBERG, PER; FENG, YI; ARBORELIUS, ULF P – Medicine & Science in Sports & Exercise: February 1996 – Volume 28 – Issue 2 – p 218-224