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Périostite tibiale : causes, symptÎmes, traitements et reprise du sport
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Périostite tibiale : causes, symptÎmes, traitements et reprise du sport

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Tu as une douleur sur le bord interne du tibia quand tu cours ? Elle apparaĂźt au dĂ©but de l’entraĂźnement, se calme parfois Ă  chaud, puis revient aprĂšs la sĂ©ance ? La pĂ©riostite tibiale fait partie des premiĂšres causes auxquelles on pense.

TrĂšs frĂ©quente chez le coureur, mais aussi dans les sports avec beaucoup de sauts et d’impacts, cette blessure peut rapidement devenir frustrante. Le problĂšme, c’est qu’on la rĂ©sume encore souvent Ă  une simple « inflammation du pĂ©rioste » qu’il faudrait laisser reposer.

En rĂ©alitĂ©, la pĂ©riostite tibiale est un peu plus complexe. Et surtout, sa prise en charge ne consiste pas uniquement Ă  arrĂȘter de courir en attendant que ça passe.

Avant qu’on commence, petite prĂ©cision : cet article a Ă©tĂ© Ă©crit pour t’aider Ă  comprendre clairement ta douleur et savoir exactement quoi faire Ă  la maison pour aller mieux, Ă©tape par Ă©tape.

Qu’est-ce que la pĂ©riostite tibiale ?

La pĂ©riostite tibiale, appelĂ©e Medial Tibial Stress Syndrome ou MTSS, correspond Ă  une douleur liĂ©e Ă  l’effort situĂ©e le long du bord postĂ©romĂ©dial du tibia. La douleur est gĂ©nĂ©ralement diffuse sur au moins 5 cm et reconnaissable Ă  la palpation (Winters, 2020). 

On parle souvent d’une inflammation du pĂ©rioste, la membrane qui entoure l’os. En lien notamment avec le muscle tibial postĂ©rieur. Ce muscle est surchargĂ© par un effondrement de la voĂ»te plantaire. Ou par une sur-sollicitation dans le cadre d’une augmentation non progressive de ton volume et/ou intensitĂ© d’entrainement.

Autrement dit, les muscles de cette zone reçoivent plus de contraintes qu’ils ne sont actuellement capables d’en tolĂ©rer.

Périostite tibiale médiale, fracture de stress et ténosynovite : quelles différences ?

Une périostite tibiale médiale provoque classiquement une douleur assez étendue sur le bord interne et postéromédial du tibia. Une douleur trÚs localisée, sur une petite zone, doit davantage faire rechercher une blessure osseuse comme une fracture de stress.

C’est important, car les deux situations ne se gĂšrent pas de la mĂȘme maniĂšre.

Une tendinite ou une tĂ©nosynovite peut Ă©galement provoquer une douleur dans cette rĂ©gion, mais elle concerne davantage un tendon et les tissus qui l’entourent. Une douleur antĂ©rieure de jambe peut encore avoir une autre origine, notamment musculaire ou liĂ©e Ă  un syndrome de loge.

Quelles sont les causes et facteurs de risque de la périostite tibiale ?

Chez le coureur avec une périostite tibiale, il est tentant de chercher une cause unique : mauvaise chaussure, hyperpronation, course sur Asphalte ou mauvaise foulée.

En pratique, c’est rarement aussi simple.

La pĂ©riostite apparaĂźt surtout lorsque les contraintes rĂ©pĂ©tĂ©es dĂ©passent la capacitĂ© d’adaptation du tibia. Imagine que tu cours habituellement 15 kilomĂštres par semaine. Tu passes brusquement Ă  30 kilomĂštres, tout en ajoutant du fractionnĂ©. Ton systĂšme musculaire et osseux n’a pas forcĂ©ment eu le temps de s’adapter.

Les facteurs individuels comptent Ă©galement. Une mĂ©ta-analyse a notamment identifiĂ© comme facteurs associĂ©s au MTSS le sexe fĂ©minin, un poids plus Ă©levĂ©, un navicular drop plus important, un antĂ©cĂ©dent de blessure en course et une rotation externe de hanche plus importante (Reinking, 2017). 

L’hyperpronation est donc une piste possible, mais elle ne signifie pas automatiquement que ton pied est « mauvais » ou qu’il faut absolument le corriger avec une semelle.

La force et l’endurance musculaire mĂ©ritent aussi d’ĂȘtre prises en compte. Une revue systĂ©matique a observĂ© chez les personnes atteintes de MTSS plusieurs diffĂ©rences concernant les muscles de la jambe, dont des dĂ©ficits d’endurance des flĂ©chisseurs plantaires et des stratĂ©gies neuromusculaires diffĂ©rentes. Les auteurs rappellent cependant qu’on ne sait pas toujours si ces diffĂ©rences sont une cause ou une consĂ©quence de la blessure (Mattock, 2021). 

Enfin, la fatigue peut modifier la maniĂšre dont tu contrĂŽles ton corps pendant la course. Des diffĂ©rences de contrĂŽle dynamique ont Ă©tĂ© retrouvĂ©es chez des coureurs ayant un antĂ©cĂ©dent de MTSS lorsqu’ils Ă©taient fatiguĂ©s (SchĂŒtte, 2018).

Quels sont les symptÎmes de la périostite tibiale ?

Les symptÎmes de la périostite tibiale sont assez caractéristiques. La douleur se situe généralement sur le bord interne du tibia, souvent dans sa partie moyenne ou basse.

Au dĂ©but, tu peux surtout la sentir pendant les premiĂšres minutes de course. Elle peut ensuite diminuer lorsque tu es chaud. Mais si tu continues Ă  accumuler les contraintes sans adapter ton entraĂźnement, elle peut apparaĂźtre plus tĂŽt, durer aprĂšs la sĂ©ance et, dans les formes importantes, devenir gĂȘnante Ă  la marche ou au repos (Shaw, 2023). 

La palpation donne souvent une sensation douloureuse ou de brĂ»lure sur une zone relativement longue. La pĂ©riostite peut ĂȘtre bilatĂ©rale, mĂȘme si un cĂŽtĂ© est parfois nettement plus sensible que l’autre. Un lĂ©ger gonflement peut exister.

Une douleur nocturne importante, un gonflement marquĂ© ou une douleur extrĂȘmement localisĂ©e mĂ©ritent en revanche un avis mĂ©dical.

Comment faire le diagnostic d’une pĂ©riostite tibiale ?

Le diagnostic d’une pĂ©riostite tibiale est avant tout clinique. Un mĂ©decin du sport, un kinĂ© ou un professionnel compĂ©tent examine l’historique de ta douleur et palpe le tibia.

Une douleur dĂ©clenchĂ©e par l’activitĂ©, amĂ©liorĂ©e par le repos relatif et reproduite Ă  la palpation sur au moins 5 cm du bord postĂ©romĂ©dial est typique du MTSS (Winters, 2020). 

Si une fracture de stress est suspectée, un avis médical est nécessaire.

Contrairement Ă  une idĂ©e frĂ©quente, une IRM n’est pas systĂ©matiquement nĂ©cessaire pour « confirmer » une pĂ©riostite. L’imagerie devient surtout intĂ©ressante lorsqu’il existe un doute diagnostique ou lorsqu’on veut rechercher une autre atteinte, notamment une fracture de stress.

Périostite tibiale traitement : comment soulager la douleur ?

Le premier objectif du traitement de la périostite tibiale consiste à ajuster la charge.

Ça ne veut pas forcĂ©ment dire rester complĂštement au repos pendant six semaines.

Si courir 40 minutes dĂ©clenche une douleur importante, tu peux par exemple rĂ©duire temporairement la durĂ©e, supprimer les sĂ©ances rapides ou remplacer certaines sorties par du vĂ©lo. C’est le principe du repos relatif : diminuer suffisamment les contraintes pour permettre aux tissus de rĂ©cupĂ©rer, sans devenir totalement inactif.

Le glaçage peut apporter un soulagement ponctuel si tu l’apprĂ©cies, mais il ne traite pas la cause du problĂšme. MĂȘme chose pour les AINS : ils peuvent parfois ĂȘtre utilisĂ©s pour gĂ©rer la douleur sur avis mĂ©dical, mais ils ne doivent pas servir Ă  masquer les symptĂŽmes pour continuer Ă  courir normalement.

Les semelles orthopĂ©diques peuvent ĂȘtre pertinentes dans certains cas, notamment lorsque certaines caractĂ©ristiques du pied contribuent aux symptĂŽmes. Mais une pĂ©riostite tibiale et des semelles ne vont pas obligatoirement ensemble. Les donnĂ©es disponibles ne justifient pas de corriger systĂ©matiquement tous les coureurs.

MĂȘme prudence avec l’attelle tibiale, le taping ou d’autres techniques passives. Elles peuvent parfois complĂ©ter la prise en charge, mais aucune intervention isolĂ©e n’a montrĂ© une efficacitĂ© suffisamment solide pour ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme le traitement universel du MTSS (Winters, 2020).

Périostite tibiale exercices : que faire à la maison ?

La kinésithérapie et les exercices pour la périostite tibiale ont surtout pour objectif de reconstruire progressivement ta capacité à supporter les contraintes.

Commence par des élévations de mollets. Debout, monte lentement sur la pointe des pieds puis redescends en contrÎlant le mouvement. Fais 3 séries de 12 à 15 répétitions, trois fois par semaine. Lorsque cela devient facile, réalise-les sur une seule jambe puis ajoute progressivement une charge.

Ajoute un travail du solĂ©aire : mĂȘme principe, mais avec les genoux lĂ©gĂšrement flĂ©chis. Fais 3 sĂ©ries de 15 Ă  20 rĂ©pĂ©titions. Tu dois sentir travailler le mollet, sans dĂ©clencher une forte douleur tibiale.

Enfin, tu peux intĂ©grer des exercices d’équilibre sur une jambe puis, lorsque les symptĂŽmes diminuent, des petits sauts sur place. L’objectif est de passer progressivement du renforcement lent vers des contraintes plus proches de la course.

Une physiothĂ©rapie bien construite ne consiste donc pas Ă  masser la zone douloureuse. Aucun intĂ©rĂȘt. Dans une prise en charge  de qualitĂ©, l’enjeu principal reste de retrouver progressivement force, tolĂ©rance aux impacts et confiance.

Périostite tibiale reprise course : comment reprendre le sport ?

La reprise de la course aprĂšs une pĂ©riostite tibiale doit ĂȘtre progressive.

Avant de courir, tu devrais idéalement pouvoir marcher normalement, monter et descendre les escaliers et réaliser quelques petits sauts sans augmentation importante des symptÎmes.

Tu peux ensuite tester une alternance marche-course. Par exemple : 1 minute de course puis 1 minute de marche pendant 15 à 20 minutes. Si les symptÎmes restent faibles pendant la séance et ne sont pas nettement aggravés le lendemain, augmente progressivement le temps couru.

Évite de remettre simultanĂ©ment le volume, la vitesse, les cĂŽtes et le fractionnĂ©.

La guĂ©rison d’une pĂ©riostite tibiale peut prendre du temps. Des donnĂ©es rapportent qu’il peut falloir environ 90 jours pour retrouver 20 minutes de course Ă  intensitĂ© modĂ©rĂ©e avec une douleur minimale chez certains sportifs, tandis que les formes persistantes peuvent nĂ©cessiter beaucoup plus longtemps (Winters, 2020). 

Il n’existe donc pas une durĂ©e de guĂ©rison de la pĂ©riostite tibiale identique pour tout le monde.

Comment prĂ©venir la rĂ©cidive d’une pĂ©riostite tibiale ?

Pour prĂ©venir une nouvelle pĂ©riostite tibiale, regarde d’abord ton entraĂźnement avant de chercher la chaussure parfaite.

Une progression raisonnable du volume et de l’intensitĂ© laisse Ă  ton tibia le temps de s’adapter. AprĂšs une interruption, ne reprends pas directement tes anciennes distances.

Ta chaussure de running doit surtout ĂȘtre confortable et adaptĂ©e Ă  ta pratique. Des modĂšles comme ceux de Kiprun peuvent convenir Ă  certains coureurs, mais aucune marque ne peut garantir la prĂ©vention d’une pĂ©riostite.

Varier ponctuellement les surfaces peut Ă©galement ĂȘtre intĂ©ressant, mais courir sur Asphalte n’est pas Ă  lui seul une explication suffisante.

Enfin, le travail de la foulĂ©e peut ĂȘtre pertinent lorsqu’un kinĂ© identifie quelque chose de rĂ©ellement modifiable. L’objectif n’est pas d’obtenir une posture « parfaite », mais de trouver une maniĂšre de courir que ton corps est capable de tolĂ©rer.

FAQ sur la périostite tibiale

Conclusion : que faire face à une périostite tibiale ?

La pĂ©riostite tibiale n’est pas simplement un tibia « enflammĂ© ». C’est surtout un problĂšme de tolĂ©rance aux contraintes rĂ©pĂ©tĂ©es.

La bonne stratégie consiste donc à réduire temporairement ce que ton tibia ne tolÚre plus, conserver ce que tu peux faire sans aggravation, renforcer progressivement la jambe puis réintroduire la course et les impacts.

Tu n’as pas besoin d’attendre passivement que la douleur disparaisse. Tu peux agir progressivement sur ce que ton corps est capable de tolĂ©rer.

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Bibliographie

  1. Winters M. The diagnosis and management of medial tibial stress syndrome: an evidence update. Unfallchirurg. 2020;123(Suppl 1):S15-S19. 
  2. Reinking MF, Austin TM, Richter RR, Krieger MM. Medial tibial stress syndrome in active individuals: a systematic review and meta-analysis of risk factors. Sports Health. 2017;9(3):252-261. 
  3. Mattock JPM, Steele JR, Mickle KJ. Are leg muscle, tendon and functional characteristics associated with medial tibial stress syndrome? A systematic review. Sports Med Open. 2021;7:71. 
  4. SchĂŒtte KH, Seerden S, Venter R, Vanwanseele B. Influence of outdoor running fatigue and medial tibial stress syndrome on accelerometer-based loading and stability. Gait Posture. 2018;59:222-228. 
  5. Shaw A, Newman P, Witchalls J, Hedger T. Externally validated machine learning algorithm accurately predicts medial tibial stress syndrome in military trainees: a multicohort study. BMJ Open Sport Exerc Med. 2023;9:e001566. 
  6. Deshmukh NS, Phansopkar P, Wanjari MB. A novel physical therapy approach in pain management and enhancement of performance in shin splints athletes: a case report. Cureus. 2022;14(7):e26676. 
  7. Hashim M, Alhazani FA, AlQarni AS, et al. Medial tibial stress syndrome (shin splint): prevalence, causes, prevention, and management in Saudi Arabia. Cureus. 2024;16(5):e59441. 
  8. Ramteke SU, Jaiswal PR. Physical therapy perspectives for medial tibial stress syndrome in a novice runner: a case report. Cureus. 2024;16(8):e67647. 

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