Comment optimiser la rééducation de la capsulite rĂ©tractile de lâĂ©paule en kinĂ©sithĂ©rapie ? Cette pathologie qui dure si longtemps, et qui handicape Ă©normĂ©ment les patients⊠Douleur. Raideur. IncapacitĂ© fonctionnelle. Peut-on mieux soigner une capsulite de lâĂ©paule en tant que kinĂ©sithĂ©rapeute ? Câest ce que nous allons voir dans cet article.
Câest quoi une capsulite ?
La capsulite rĂ©tractile, Ă©galement connue sous le nom dâĂ©paule gelĂ©e (on parlera de sĂ©mantique dans la suite de cet article), est une affection douloureuse et insidieuse de lâĂ©paule, assez longue.
Généralement, elle arrive sans raison.
Mais elle peut aussi ĂȘtre secondaire Ă des Ă©vĂšnements plus tangibles, comme une chute, une opĂ©ration, ou le dĂ©veloppement dâune pathologie comme de lâarthrose.
Le diagnostic est trĂšs simple : raideur, douleur, et absence de signes spĂ©cifiques Ă dâautres pathologies Ă la radiographie.
Pour ne pas avancer de fausses donnĂ©es, je prĂ©fĂšre ĂȘtre clair rapidement : actuellement, tout ce que nous savons au sujet de lâorigine de la capsulite est trĂšs flou. Nous avons quelques donnĂ©es scientifiques, mais elles ne sont pas sures Ă 100%.
Cette pathologie provoquerait une fibrose de la capsule articulaire glĂ©nohumĂ©rale (donc de la capsule qui entoure lâarticulation entre lâhumĂ©rus et la scapula), et elle sâaccompagne surtout dâune raideur progressive et dâune restriction importante des amplitudes de mouvement (surtout en Ă©lĂ©vation et en rotations).
Je te propose deux définitions, qui se complÚtent bien.
Selon (Zuckerman, 2011), la capsulite rétractile correspond à une épaule douloureuse qui présente une restriction de mobilité active et passive sans anomalie à la radiographie.
Selon (Abrassart, 2020), câest une douleur sĂ©vĂšre de lâĂ©paule, associĂ©e Ă une restriction fonctionnelle de mouvement actif et passif de lâĂ©paule, avec une radiographie glĂ©no-humĂ©rale normale.
Pour faire simple, ce quâon doit retenir câest :
Capsulite de lâĂ©paule = douleur + raideur + rien Ă la radiographie.

La capsulite rĂ©tractile, Ă©galement connue sous le nom dâĂ©paule gelĂ©e (on parlera de sĂ©mantique dans la suite de cet article), est une affection douloureuse et insidieuse de lâĂ©paule, assez longue.
Généralement, elle arrive sans raison.
Mais elle peut aussi ĂȘtre secondaire Ă des Ă©vĂšnements plus tangibles, comme une chute, une opĂ©ration, ou le dĂ©veloppement dâune pathologie comme de lâarthrose.
Le diagnostic est trĂšs simple : raideur, douleur, et absence de signes spĂ©cifiques Ă dâautres pathologies Ă la radiographie.
Pour ne pas avancer de fausses donnĂ©es, je prĂ©fĂšre ĂȘtre clair rapidement : actuellement, tout ce que nous savons au sujet de lâorigine de la capsulite est trĂšs flou. Nous avons quelques donnĂ©es scientifiques, mais elles ne sont pas sures Ă 100%.
Cette pathologie provoquerait une fibrose de la capsule articulaire glĂ©nohumĂ©rale (donc de la capsule qui entoure lâarticulation entre lâhumĂ©rus et la scapula), et elle sâaccompagne surtout dâune raideur progressive et dâune restriction importante des amplitudes de mouvement (surtout en Ă©lĂ©vation et en rotations).
Je te propose deux définitions, qui se complÚtent bien.
Selon (Zuckerman, 2011), la capsulite rétractile correspond à une épaule douloureuse qui présente une restriction de mobilité active et passive sans anomalie à la radiographie.
Selon (Abrassart, 2020), câest une douleur sĂ©vĂšre de lâĂ©paule, associĂ©e Ă une restriction fonctionnelle de mouvement actif et passif de lâĂ©paule, avec une radiographie glĂ©no-humĂ©rale normale.
Pour faire simple, ce quâon doit retenir câest :
Capsulite de lâĂ©paule = douleur + raideur + rien Ă la radiographie.
Combien de temps dure une capsulite rétractile ?
La guĂ©rison est satisfaisante dans la plupart des cas, mĂȘme si cela peut prendre jusquâĂ 2 Ă 3 ans.
On observe un pic dâapparition Ă 55 ans, surtout chez les femmes.
Malheureusement, il semble que 17% des patients en dĂ©veloppent une dans les cinq ans suivants de lâautre cĂŽtĂ© (Hand, 2008 ; Prodromidis, 2016 ; Kingston, 2018).
Qu’est-ce qui provoque la capsulite ?
Le terme de « capsulite » ne semble pas refléter correctement la pathologie, qui est décrite de maniÚre plus appropriée par le terme de frozen shoulder en anglais (épaule gelée en français).
Pourquoi ? Car on ne sait pas Ă coup sĂ»r si câest lâinflammation de la capsule (traduction de capsul-ite) qui cause les douleurs et la raideur.
En effet, certains patients atteints de capsulite retrouvent toute leur mobilitĂ© sous anesthĂ©sie gĂ©nĂ©rale. Ce ne serait donc pas forcĂ©ment les structures passives (et donc la capsule en particulier) qui seraient rĂ©tractĂ©es⊠sinon la mobilitĂ© serait limitĂ©e sous anesthĂ©sie aussi. Câest encore un gros point dâombre actuellement.

Les causes courantes observables
Si on rentre dans les dĂ©tails au niveau de la physiologie, on peut parfois observer une rĂ©duction du volume de la capsule de lâarticulation glĂ©no-humĂ©rale qui peut passer de 20-30 ml sur une Ă©paule saine Ă moins de 10 ml dans les formes les plus sĂ©vĂšres de la pathologie.
On peut aussi retrouver une inflammation de la capsule, associĂ©e Ă une densification des fibres de collagĂšne. Ces modifications tissulaires peuvent aller jusquâĂ la fibrose (au stade chronique), et elles semblent surtout apparaĂźtre au niveau de la partie antĂ©rosupĂ©rieure de la capsule, et en particulier au niveau du ligament coraco-humĂ©ral.
En plus de ces remaniements tissulaires et du processus inflammatoire associĂ©, on peut retrouver un phĂ©nomĂšne de contracture musculaire. On ne peut pas rendre ces contractures musculaires responsables de la diminution du volume capsulaire (mais elles participent quand mĂȘme aux diminutions des mobilitĂ©s articulaires de lâĂ©paule).
La rééducation se focalisera donc aussi sur un travail musculaire (et en kiné, nous sommes efficaces sur le travail musculaire⊠donc tant mieux).
Les facteurs de risque de capsulite
Les facteurs de risque de la capsulite sont assez variés :
- DiabĂšte (Kelley, 2013 ; Juel, 2017)
- Antécédents familiaux
- Ăventuellement hypothyroĂŻdie (Wang, 2013 ; Hanish, 2022)
- Prédispostion génétique (Hirschhorn, 2000; Hakim, 2003).
On se rend compte quâon a quatre fois plus de risque dâen dĂ©velopper une sâil y a dĂ©jĂ eu un cas dans la famille ! Eh oui, 30% des Ă©paules raides primaires (capsulite idiopathique) ont un membre proche qui en a eu une. Ces chiffres sont assez fous, mais il ne faut pas les nĂ©gliger.
En revanche, on ne retrouve pas de différences entre les ethnies.
Le surpoids semble aussi jouer un rÎle : 82% des épaules gelées primaires avaient un IMC élevé (surpoids ou obésité).
Le ratio femme â homme est de 60/40 (je tâavoue que personnellement, au cabinet de kinĂ©sithĂ©rapie, je retrouve un ratio encore plus dĂ©sĂ©quilibrĂ© en faveur des femmes⊠dĂ©solĂ© mesdames).

Quels sont les signes d’une capsulite ?
Comme expliquĂ© plus tĂŽt, les signes sont simples : une douleur dâapparition progressive, sans Ă©lĂ©ment dĂ©clenchant (pour la capsulite idiopathique), associĂ©e Ă une raideur progressive (dans plusieurs directions, et surtout en Ă©lĂ©vation et en rotations).
Et pour sâassurer du diagnostic prĂ©cis, on doit avoir une radiographie sans aucune problĂ©matique visible. En effet, dâautres pathologies visibles Ă la radiographie (comme de lâarthrose) peuvent gĂ©nĂ©rer des douleurs et une raideur semblable.
Quelle est la différence entre une tendinite et une capsulite ?
La diffĂ©rence majeure entre la capsulite et la tendinite (ou plutĂŽt tendinopathie) de la coiffe des rotateurs de lâĂ©paule est Ă©videmment la raideur. Comme expliquĂ© plus tĂŽt, le premier signe clinique de la capsulite est la raideur. On entend par raideur une perte dâamplitude passive significative dans plusieurs directions, par rapport au cĂŽtĂ© sain.
Si tu penses plutÎt faire face à une tendinite, nous avons réalisé une vidéo ultra-complÚte sur ce sujet.
Comment guérir de la capsulite ?
Comment soigner une capsulite de lâĂ©paule ? Câest une question que tout bon kinĂ©sithĂ©rapeute se pose, car ceux qui ont dĂ©jĂ accompagnĂ© des patients qui prĂ©sentaient une capsulite rĂ©tractile ont forcĂ©ment⊠galĂ©rĂ©. Pour ça, il faut dĂ©jĂ comprendre comment la pathologie progresse et Ă©volue.

Les différentes phases de la capsulite
On divise souvent la capsulite en trois phases distinctes dâun point de vue temporel rĂ©cupĂ©ration (Reeves, 1975).
Dâabord une phase de douleur, puis une phase de raideur (qui dĂ©marre aprĂšs la douleur et qui cohabite avec elle), et enfin une phase de dĂ©gĂšle, sans douleur majeure.
Phase de douleur :
Installation progressive, douleur nocturne, douleur sévÚre et forte irritabilité.
Elle dure de 2 à 9 mois en général.
Phase de raideur :
Raideur progressive, avec une persistance de la douleur (un peu moins forte).
Elle dure de 4 à 12 mois en général.
Phase de dégÚle :
Lâamplitude de mouvement revient progressivement, avec moins de douleur.
Elle dure de 5 à 26 mois en général.
Dâautres auteurs ont dĂ©crit un processus en quatre Ă©tapes (Neviaser, 1987), mais ça ne change pas grand-chose pour nous en termes de rééducation.
Les traitements de choix pour la capsulite

Pour faire simple, on a deux traitements de choix actuellement (Cho, 2019). En numĂ©ro un : la rééducation. Et en numĂ©ro deux ex-aequo : les infiltrations (avec ou sans arthrodistension, il nây a pas de consensus Ă ce sujet aujourdâhui).
Donc, le traitement optimal de la capsulite rĂ©tractile repose sur une prise en charge mĂ©dicale (mĂ©dicaments, infiltrationâŠ), couplĂ©e Ă une rééducation spĂ©cifique aux besoins et aux limitations du patient au moment T.
Certaines personnes peuvent se tourner vers des traitements alternatifs tels que lâacupuncture, lâostĂ©opathie, la mĂ©sothĂ©rapie⊠mais ils ne dĂ©montrent pas une efficacitĂ© supĂ©rieure Ă lâĂ©volution naturelle de la pathologie, et ne rĂ©duisent pas le temps de guĂ©rison. Ils ne sont pas nĂ©fastes, mais ils ne constituent absolument pas la base de la pyramide.
La chirurgie, quant Ă elle, est extrĂȘmement rare et ne devrait ĂȘtre considĂ©rĂ©e quâen dernier recours, principalement en prĂ©sence de sĂ©quelles Ă©ventuelles (je nâai personnellement jamais vu un patient se faire opĂ©rer pour une capsulite).
La rééducation de la capsulite
Selon moi (et mon avis biaisĂ© de kinĂ©sithĂ©rapeute Ă©videmmentâŠ), la rééducation constitue le pilier central de la prise en charge pour une capsulite. Si lâinfiltration permet souvent de rĂ©duire les douleurs, la rééducation permet de retrouver fonction de lâĂ©paule (donc bien bouger, sans douleur).
Elle peut commencer dĂšs lâapparition des premiers symptĂŽmes douloureux, mais elle prend toute son importance lorsque les douleurs sont diminuĂ©es aprĂšs lâinfiltration, afin de restaurer les mobilitĂ©s de lâĂ©paule.
La base de la rééducation sera donc le travail de mobilitĂ© de lâĂ©paule. Pour dĂ©velopper tes compĂ©tences sur la rééducation de la capsulite, ma formation Optimiser la rééducation de lâĂ©paule est ce quâil te faut. Pour te remercier de mâavoir lu jusque-lĂ ,
OPTIMISER LA RĂĂDUCATION DE LâĂPAULEÂź
Obtiens systĂ©matiquement dâexcellents rĂ©sultats avec tes patients⊠Pour enfin te sentir en confiance dans ta prise en charge des pathologies d’Ă©paule.
En thĂ©orie, les douleurs ne devraient pas sâintensifier la nuit ni dans les jours qui suivent une sĂ©ance de rééducation. Cependant, les sĂ©ances de kinĂ© ne peuvent pas ĂȘtre totalement indolores.
Combien de séances de kiné pour une capsulite ?

Câest une question frĂ©quente, Ă laquelle il est difficile de rĂ©pondre⊠Mais je vais oser me mouiller et te donner mon propre avis.
Pour moi, les premiĂšres semaines sont clĂ©s pour gĂ©rer la douleur et rassurer le patient. Deux sĂ©ances par semaine pendant trois mois me paraissent ĂȘtre un bon compromis (le temps dâĂ©duquer le patient sur lâauto-rééducation primordiale qui va suivre).
Ă partir du troisiĂšme mois, si la douleur a Ă©tĂ© limitĂ©e par lâinfiltration (si le patient a choisi cette solution), on peut se permettre de passer Ă une sĂ©ance par semaine pendant 3 Ă 6 mois.
Pour la derniĂšre phase, il est important de contrĂŽler que les derniers degrĂ©s de mobilitĂ© se rĂ©cupĂšrent bien. Il ne faudra donc pas arrĂȘter totalement les rendez-vous au cabinet de kinĂ©sithĂ©rapie, mais les espacer. Une sĂ©ance toutes les deux ou trois semaines pendant 3 Ă 6 mois peut ĂȘtre un bon compromis, jusquâĂ rĂ©cupĂ©ration complĂšte.
Chaque phase doit donc se focaliser sur un objectif précis (qui tourne souvent autour du travail de mobilité).
Conclusion
Pour conclure, la capsulite rĂ©tractile de lâĂ©paule est une pathologie complexe et longue, mais qui se rééduque bien lorsquâon la diagnostique rapidement et quâon met en place le traitement de kinĂ©sithĂ©rapie adaptĂ© (Ă©ducation, mobilisations, exercices et gestion de la douleur via du travail passif).
Lâaccompagnement des patients sur le long terme semble primordial pour retrouver une fonction et une mobilitĂ© complĂšte, sans douleur.
Bibliographie
Neviaser TJ. Adhesive capsulitis. Orthop Clin North Am. 1987 Jul;18(3):439-43. PMID: 3441364.