Arthrose, conflit de hanche, pubalgie, tendinite de la hanche… Les problématiques de cette articulation charnière sont multiples. D’où viennent-elles, et surtout : comment peut-on les soigner ? Nous vous expliquons tout sur les différentes douleurs de hanche dans cet article.

Quelle est la cause des douleurs de hanche ?
Les douleurs de hanche sont fréquentes dans la population générale selon (Nogier, 2010). Et la plupart du temps, les pathologies qui provoquent ces douleurs ne sont pas graves à proprement parler. Elles peuvent être diverses et variées : coxarthrose, conflit de hanche, tendinite, pubalgie… Nous allons toutes les détailler.
L’arthrose de la hanche

La fréquence de la coxarthrose dans la population occidentale est de l’ordre de 3 à 6 % chez les sujets de plus de 55 ans. Elle est un peu plus fréquente chez la femme que chez l’homme. L’âge moyen au début des douleurs est de 61 ans pour la coxarthrose primitive et de 51 ans pour les formes secondaires. Elle est bilatérale dans près de 45 à 50 % des cas, au moins après quelques années d’évolution.
Les hommes ont une prévalence plus élevée d’arthrose avant 50 ans, tandis que les femmes ont une prévalence plus élevée par la suite. Les populations caucasiennes ont également une prévalence plus élevée d’arthrose, suggérant une prédisposition génétique.
Murphy (2016) a estimé que le risque de développer une coxarthrose symptomatique au cours de la vie est d’environ 18,5 % pour les hommes et de 28,6 % pour les femmes. Bien que ces taux soient stables sur les quatre dernières décennies, ils pourraient augmenter en raison du vieillissement de la population et de l’augmentation de l’obésité.
Le symptôme cardinal de l’arthrose est la douleur, qui est généralement provoquée par la mise en charge, et qui soulagé par le repos. De la raideur survient souvent après l’inactivité.
Les solutions sont simples : d’abord de la rééducation avec un bon kinésithérapeute, et si ça ne fonctionne pas… une potentielle opération (vous devez surement connaitre la fameuse prothèse de hanche).
La tendinite Ă la hanche

C’est quoi une tendinite à la hanche ? He bien en réalité, on devrait déjà parler de tendinopathie (souffrance du tendon) plutôt que de tendinite. Et on pourrait être encore plus général en parlant des douleurs latérales au niveau de la hanche.
On peut classer ces douleurs selon trois catégories :
- Syndrome douloureux du grand trochanter
- Lésions musculaires des abducteurs des hanches
- Ressaut latéral de la hanche
Le syndrome douloureux du grand trochanter (GTPS en anglais) serait la cause de la douleur à la hanche chez 10 % à 20 % des patients se présentant chez le médecin. Ces chiffres paraissent énormes, mais c’est intéressant de les prendre en compte.
Le GTPS est plus fréquent chez les adultes d’âge moyen à âgés, et est 2 à 4 fois plus fréquent chez les femmes. La prévalence maximale est retrouvée chez les femmes de 40 à 60 ans.
Les patients atteints de GTPS présentent généralement une douleur latérale persistante au niveau de la hanche, localisée proche du grand trochanter, de la fesse et du haut de la cuisse.
La douleur s’aggrave avec les activités de mise en charge et la position couchée sur le côté la nuit. Elle peut être associée à une irradiation le long de la cuisse (au niveau latéral) jusqu’au genou. Un signe fréquent sur les GTPS est la faiblesse des abducteurs de hanche (en gros, on a du mal à mettre la jambe sur le côté, ou à tenir en équilibre).
Pas de panique, ça se soigne bien (si on prend le temps de le faire) si on trouve un bon kinésithérapeute.
Le conflit de hanche
Ce concept a été imaginé en 1936… autant dire que ça date !
Lorsqu’on parle de ça, on pense à un contact problématique entre le fémur et l’acétabulum (l’os de la cuisse, et l’ose de la hanche, respectivement).
Ganz (2003) le définissait comme une morphologie anormale au niveau du fémur et/ou de l’acétabulum, avec un contact anormal entre les deux structures, et surtout une amplitude de mouvement trop importante en flexion qui engendrerait un « contact » entre les deux structures, de manière répétée. Cette répétition pourrait générer des dommages progressifs au niveau des tissus mous (surtout au niveau du labrum, un bourrelet qui augmente la stabilité de la hanche).
Clairement, la douleur peut s’exprimer au niveau antérieur de la hanche la plupart du temps, mais parfois sur le côté, ou sur la fesse de manière un peu diffuse. Elle s’exprime sur des mouvements spécifiques à haute amplitude ou à haute contrainte (comme des squats ou des tirs), ou lorsque la position assise est trop prolongée.
On retrouve des douleurs dans certaines positions de la hanche, avec des potentielles limitations de mobilité de la hanche et parfois du rachis lombaire. On peut y retrouver des craquements, des « clicks », des bruits articulaires… dans certaines positions.
Les signes cliniques sont donc :
- Douleur sur un angle de mouvement ou une activité précise.
- Restriction de mobilité (surtout en flexion et en rotation interne).
Le traitement est multiple : rééducation, remise en charge, éducation… et potentiellement opération si le patient est demandeur et que le traitement conservateur n’a pas réellement fonctionné. C’est assez rare, et les résultats ne sont pas foufous…

On retrouve 40 à 75% d’effet CAM chez les sportifs masculins, et 5 à 25% dans la population générale. Pour l’effet PINCER, on en retrouve 30% chez les jeunes adultes. Ces modifications tissulaires peuvent aussi perturber le tissu labral.
Le conflit fémoro-acétabulaire se rééduque très bien (et comme vu précédemment, l’opération est… rarement une bonne idée).
Si jamais vous êtes touché par cette problématique, nous avons créé un programme totalement adapté à cette pathologie.
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Même si tu t’es fait opérer de la hanche.
La pubalgie
On se base actuellement sur l’accord de Doha de 2015 pour définir la pubalgie (groin pain en Anglais).
Un accord unanime a été décidé sur la terminologie suivante : le système de classification comporte trois sous-catégories principales de pubalgie chez les athlètes :
- Pubalgie liée aux adducteurs, à l’iliopsoas, à l’aine et au pubis (souvent comparables à des tendinopathies).
- Pubalgie liée à la hanche (semblabe au conflit de hanche dont nous venons de parler).
- Autres causes de pubalgie
La pubalgie se rééduque très bien lorsqu’on arrive à bien la diagnostiquer.
Quels sont les facteurs de risque de douleur de hanche ?

Selon (Dzakpasu, 2021), la sédentarité est associée à un risque accru de douleurs.
Si on s’attarde sur la hanche, et sur l’arthrose, le temps passé assis est associé à la présence de douleur, mais (comme tout) l’association n’est pas extrêmement élevée. Cela joue, mais ça n’explique pas tout !
Gardez en tête qu’il faut bouger le plus régulièrement possible.
La douleur de hanche est une problématique fréquente à l’adolescence et peut être un prédicteur important de douleur future à l’âge adulte. On s’est rendu compte que la prévalence globale des douleurs à la hanche chez tous les adolescents était de 12%. C’est énorme !
Comment soulager la douleur de hanche ?
On sait aujourd’hui que le traitement conservateur est efficace pour la plupart des pathologies de hanche (Flynn, 2020) tant qu’il est basé sur des exercices de remise en charge, associé à une prise en charge cognitivo-comportementale et à des techniques passives si besoin (massages, manipulations…).
Par exemple, les exercices associés à du massage au niveau de la hanche arthrosique semblent efficaces pour diminuer les douleurs.
La kinésithérapie est donc efficace !
Magnifique pour commencer, non ?
Quel exercice faire pour la douleur de hanche ?

Attention, nous préférons vous prévenir : il n’existe pas d’exercice magique pour la hanche.
Le plus important sera de faire le point avec votre kinésithérapeute, qui se doit de réaliser un bon bilan (avec un vrai raisonnement clinique). C’est ce que nous proposons lors de nos consultations en ligne.
L’idée sera de trouver les fonctions déficitaires (mobilité, force, contrôle moteur…) et de les travailler.
Il n’y a donc pas d’exercice roi.
Mais les exercices que vous réalisez doivent améliorer vos symptômes (sur le court, le moyen, et le long terme).
Il est donc important de trouver un bon médecin, et un bon kinésithérapeute, pour réaliser un bilan complet de votre hanche. Le but sera de diagnostiquer la bonne catégorie de problématique, et ainsi choisir le traitement le plus adapté. Mais vous aurez compris que la plupart des problématiques de hanche répondent surtout à de la kinésithérapie, avec des exercices bien menés et programmés…
PRATIQUE TON SPORT SANS DOULEUR, SANS FRUSTRATION ET SANS APPRÉHENSION !
