La tendinite du genou, c’est un véritable calvaire pour celui ou celle qui en est victime. Douleur, incapacité à s’accroupir ou pire… incapacité à descendre les escaliers normalement. Une vraie plaie ! Pour autant, ce n’est pas une pathologie compliquée à traiter. Il suffit de mettre en place une rééducation très simple, basée sur la remise en charge.
C’est quoi une tendinite du genou ?
La tendinite rotulienne, ou plutôt tendinopathie patellaire, est une pathologie très fréquente chez les sportifs. Il est important de connaitre les tissus concernés car ça vous permettra de mieux comprendre la pathologie, pour mieux guérir (et éviter que les douleurs reviennent plus tard).

L’anatomie du genou
Le quadriceps est composé de quatre muscles différents : le vaste médial, le vaste latéral, le vaste intermédiaire et le droit fémoral, seul muscle bi-articulaire du quadriceps (car il chapeaute aussi l’articulation de la hanche). Ces quatre muscles se réunissent pour former le tendon du quadriceps qui s’attache à la rotule. D’ailleurs, depuis quelques années, on dit « patella » au lieu de rotule. Donc le tendon rotulien, maintenant on l’appelle le tendon patellaire. Le tendon distal du quadriceps s’insère ensuite sur la tubérosité via le tendon patellaire et la contraction de ce quadriceps permet de tendre le genou. On parle d’extension de genou.
Si vous voulez comprendre cette pathologie plus en profondeur, nous avons réalisé une vidéo plus détaillée à ce sujet.
Une sollicitation du tendon patellaire
Donc, chaque fois que nos quadriceps travaillent, par exemple lorsque l’on s’accroupi, lorsque l’on saute ou lorsque l’on court, notre tendon patellaire travaille également. Selon l’étude de Scott (Scott, 2020) : la tendinopathie patellaire c’est LE terme qu’il faut utiliser pour désigner les douleurs du tendon rotulien (ou patellaire, on a compris) et la perte de fonction liée à ces douleurs.
Comment savoir si on a une tendinite au genou ?
Mais d’ailleurs pourquoi a-t-on utilisé le mot tendinopathie et pas tendinite ?
Le mot tendinite veut dire qu’il y a une inflammation sur le tendon. Mais en réalité, si on a mal au tendon patellaire, ça ne veut pas forcément dire qu’il est inflammatoire. Si on regarde du côté de l’étude de Jomaa, où les chercheurs ont analysé 53 études, on se rend compte que les tendons des personnes qui souffrent de douleurs tendineuses présentaient des petits signes d’inflammation (Jomaa, 2020). On retrouve dans le tendon des cellules inflammatoires ou une augmentation des marqueurs inflammatoires. Mais, ces résultats sont très aléatoires.
En gros, certains patients ont des marqueurs inflammatoires élevés, d’autres pas. Et certains ont des cellules inflammatoires, et… d’autres pas.
Les auteurs ont donc conclu que ces signes d’inflammation étaient présents dans la majorité des tendons tendinopathiques, mais que ce n’était pas forcément le problème majeur. Et si on va plus loin dans ces études, on se rend compte que si on stoppe l’inflammation de ces potentielles cellules ou marqueurs inflammatoires, et bien… les patients n’ont pas forcément moins mal.
Donc on sait aujourd’hui que l’arrêt de l’inflammation n’est pas nécessairement la solution. En plus, les médicaments styles anti-inflammatoires peuvent perturber la cicatrisation et l’adaptation du tendon. En réalité, ces anti-inflammatoires peuvent être de faux amis.
Quels sont les symptĂ´mes de la tendinite rotulienne ?

La douleur localisée au niveau du tendon est le principal symptôme (avec une douleur présente à la contraction, à la palpation et à l’étirement). Mais il existe un autre symptôme primordial à retrouver : de la douleur lors de la sollicitation du quadriceps (principalement sur des exercices pliométriques, donc avec du rebond).
D’autres signes cliniques peuvent nous orienter vers cette tendinopathie : une douleur en position assise prolongée, en position accroupie, ou lors de la descente des escaliers. Malliaras nous parle aussi d’une douleur “dose-dépendante” : pour faire simple, cette douleur est proportionnelle à la contrainte que l’on met sur le genou. C’est à dire que plus on met de vitesse et de poids sur le genou, plus on aura mal.
Qu’est-ce qui influence les douleurs de la tendinite rotulienne ?
Toutes les tendinites du genou sont influencées par l’activité physique, mais aussi par le mode de vie. Les facteurs de risque de douleur sont surtout la sédentarité et l’alimentation globale. Il est donc primordial de régler ces deux points pour avoir un genou en bonne santé sur le long terme. On ne peut pas attendre de résultats via une recette miracle si on ne gère pas bien son hygiène de vie.
Comment soigner la tendinite rotulienne ?
Les thérapies invasives
Parlons d’abord des thérapies invasives.
Les infiltrations d’anti-inflammatoires sur le tendon patellaire sont plus néfastes que bénéfiques (Dean, 2014). Pourquoi ? Car en réalité, la partie du tendon abîmée est extrêmement minime, et il reste une majorité de fibres saines. Et pour se débarrasser définitivement des douleurs, ce qu’on cherche à faire, c’est renforcer ces fibres saines pour en faire des fibres solides et résistances à la contrainte. Mais les produits anti-inflammatoire sont néfastes pour un tendon sain. On peut donc oublier.
Les infiltrations de PRP (du sang qu’on a centrifugé pour récolter le plasma riche en plaquette, donc en facteur de cicatrisation) … ça ne fonctionne pas mieux qu’une infiltration d’eau salée, donc pas mieux qu’un placebo (Scott, 2019).
Dernière chose à la mode, et prescrit par beaucoup de médecins, les ondes de choc. L’idée est de venir percuter le tendon avec une machine, pour forcer à créer de l’adaptation au niveau des tissus sains. En théorie, ça semble être une bonne idée. Mais en pratique, c’est un peu différent. Selon (Stania, 2022), un chercheur qui a analysé toutes les études de bonne qualité qui portaient sur la tendinopathie patellaire et le traitement par onde de choc, l’utilisation des ondes de choc n’était pas délétère… mais n’était pas vraiment mieux qu’un placebo non plus.

Et l’opération là -dedans ? Une étude de Bahr, parue en 2006 a évalué 35 patients qui avaient une tendinopathie patellaire. Ils en ont mis la moitié dans un groupe qui se faisait opérer, et l’autre moitié a suivi un protocole de renforcement musculaire. Dans le groupe qui a subi le traitement chirurgical, le tendon « désorganisé », donc les fibres un peu abîmées ont été enlevées, puis les patients ont suivi un programme de rééducation progressif pour faire les mêmes exercices que les autres au bout des 12 semaines de suivi. On a évalué tous les patients après trois, six et douze mois de suivi. Et, il s’avère que les deux groupes se sont améliorés. Mais il n’y avait pas de différence entre les deux groupes. La chirurgie n’était donc pas supérieure à la rééducation (Bahr, 2006). Cependant, on sait que l’absence de traitement donne des résultats médiocres. Il peut donc parfois être pertinent de s’orienter vers une prise en charge chirurgicale, uniquement si l’ensemble des autres traitements thérapeutiques ont été correctement appliqués (et surtout la rééducation).
Les thérapies passives
Et pour finir, les thérapies passives comme le massage, le froid, le chaud, le taping… peuvent potentiellement aider dans certains cas, mais de manière très limitée. Ça ne doit absolument pas être le centre du traitement pour cette pathologie. Le meilleur traitement pour la tendinite rotulienne reste les exercices de remise en charge, donc de renforcement.

Est-ce que la kinésithérapie est efficace pour une tendinite rotulienne ?
Oui. La vraie solution se trouve dans la rééducation. Il faut se sortir de la tête que le but du kinésithérapeute est de modifier la structure du tendon, ou de « régénérer » le tendon. Les « anomalies » du tendon ne sont pas vraiment LE problème en soi.
À ce sujet, une étude de Van Ark, parue en 2018, a trouvé que les individus avec une tendinopathie patellaire guérissaient à la suite d’un programme d’exercice de remise en charge, donc qu’ils n’avaient plus mal et qu’ils reprenaient leurs activités sans problème… malgré l’absence de changements significatifs dans le tendon (Van Ark, 2018). L’un des plus grands experts à ce sujet, Jill Cook, a d’ailleurs inventé l’expression « traiter le donut et pas le trou ».
Si on prend l’image d’un donut, ou plutôt d’un gros beignet, qui serait devenu un donut, et bien le trou du donut ferait référence à la partie désorganisée du tendon vue sur l’imagerie tandis que le beignet serait le reste du tendon sain. En gros, le trou est là . On ne va pas le remplir. En revanche, on peut développer le reste du beignet, qui correspond au reste de tissu sain, et il faut plutôt se focaliser là -dessus. Il faudra renforcer ce qu’il reste de tendon sain, et il en reste beaucoup (des chercheurs ont évalué ça, et pour la majeure partie d’entre nous qui avons eu ou qui avons une tendinopathie, nous avons quasiment autant de tissu sain que les gens qui n’ont jamais eu ce problème).
Il va donc falloir réaliser des exercices pour renforcer très progressivement le tendon. L’idée est de commencer avec des exercices avec une charge légère, peu d’amplitude de mouvement et des vitesses de réalisation lentes, puis d’aller tranquillement vers des exercices avec une charge importante, une grande amplitude, et une haute vitesse.
Consultez un spécialiste (un kinésithérapeute bien formé) qui saura vous aider, après avoir réalisé un bon bilan. C’est ce que nous proposons dans nos programmes.
C’est quoi une bonne sĂ©ance de kinĂ©sithĂ©rapie pour une tendinite rotulienne ?

Un bon bilan kiné
Le bilan diagnostic kinésithérapique pour une douleur type tendinopathie de l’appareil extenseur correspond à un raisonnement clinique bien réalisé.
Cela permet au kinésithérapeute de comprendre la cause de votre douleur de genou, son mécanisme d’apparition, son intensité, et d’élaborer un plan de traitement personnalisé. Le kinésithérapeute doit également évaluer les « red-flags » pour écarter toute pathologie potentiellement plus grave (et vous renvoyer chez un professionnel de santé plus adapté, comme votre médecin, si jamais des signes plus inquiétants sont présents). C’est ce que nous proposons sur nos consultations en ligne.
Évaluer la fonction du genou et l’intensité de la douleur
Pour quantifier l’intensité de la douleur, les kinésithérapeutes utilisent souvent des échelles de mesure, telles que l’échelle visuelle analogique. Des scores similaires peuvent être utilisés pour évaluer la fonction du genou, permettant ainsi d’obtenir des données objectives et subjectives. Ces informations sont essentielles pour suivre l’évolution de la rééducation et constater les progrès réalisés.
Évaluation des mobilités
Le thérapeute analysera les mouvements actifs et passifs du genou ainsi que des articulations sus et sous-jacentes (hanche et cheville) pour identifier les déficits de mobilité et les mouvements déclencheurs ou aggravants de la douleur. Cette évaluation inclut généralement des tests de force et d’endurance musculaire, notamment du quadriceps (c’est le muscle touché, c’est logique).
Un programme d’exercice spécifique

C’est clairement la base de la pyramide pour la rééducation des tendinites rotuliennes (et de toutes les tendinopathies pour faire simple). Ce programme permet de diminuer les douleurs rapidement (grâce au travail isométrique par exemple), et les résultats seront surtout plus stables qu’avec un traitement passif. Mais surtout, cela permet que vous soyez autonome (c’est mieux que d’être dépendant de votre kiné, non ?).
Pour aller plus loin au sujet des tendinites rotuliennes, notre kit du sportif sans douleur est disponible. Cette formation gratuite va vous permettre de comprendre ce qui se cache derrière les douleurs antérieures de genou (et le meilleur traitement pour les faire disparaître), le secret pour guérir rapidement après une blessure et ne pas relancer la douleur au bout de trois semaines. Nous vous présentons aussi les meilleures méthodes pour optimiser la guérison de ces tendinopathies.
Découvre notre KIT DU SPORTIF SANS DOULEUR pour venir à bout de tes douleurs, limiter le risque de blessure, optimiser ta récupération, et booster tes performances ⬇️

Conclusion
Pour conclure, il est temps pour vous de suivre une bonne rééducation pour votre tendinite au genou. Je pense que nous avons été assez clairs : la clé de voûte de la guérison est la remise en charge, avec en plus des thérapies passives pour soulager la douleur, si on en ressent le besoin. Nous vous souhaitons donc une bonne remise en charge de votre genou !