La bursite, c’est un mot qui fait peur quand on le lit sur un compte-rendu d’IRM. Pourtant, ce n’est ni une sentence, ni une anomalie rare. Et contrairement à ce qu’on pense souvent, ce n’est pas parce qu’une bourse est inflammée sur l’imagerie qu’elle est forcément responsable de tes douleurs.
Aujourd’hui, on fait le point sur la bursite : comment elle apparaît, dans quels sports elle est fréquente, comment on peut la prévenir, et surtout… comment on s’en sort.
D’où vient une bursite ?
Une bursite, c’est l’inflammation d’une bourse séreuse. Ces petites poches remplies de liquide sont réparties un peu partout dans ton corps. Leur rôle est simple : faciliter les glissements entre les tendons, les muscles et les os.
Mais quand la mécanique articulaire se dérègle (mouvement répétitif, sur-sollicitation, compression prolongée…), ces bourses peuvent s’irriter, gonfler, et devenir douloureuses. C’est là qu’on parle de bursite.
Les zones les plus touchées :
- Bursite de l’épaule (souvent sous-acromiale)
- Bursite du genou (prépatellaire ou de la patte d’oie)
- Bursite de la hanche (latérale, appelée trochantérienne)
- Bursite du pied (rétrocalcanéenne ou inter-métatarsienne)
Bursite du coude (olécrânienne)

Les différents types de bursites
Il existe plusieurs sous-types de bursites, classées selon la zone touchée, mais aussi selon leur cause :
- Bursite mécanique : liée à une surcharge mécanique de la zone.
- Bursite inflammatoire : associée à une pathologie inflammatoire comme la polyarthrite rhumatoïde.
- Bursite infectieuse (plus rare) : une infection bactérienne directe de la bourse.
Dans le sport et les activités d ela vie quotidienne, c’est la forme mécanique qui prédomine largement.
Est-ce grave une bursite ?
Non, une bursite n’est pas grave dans la majorité des cas. Ce n’est ni une déchirure, ni une lésion irréversible. La douleur peut être vive, mais elle disparaît souvent bien avec une rééducation adaptée.
Ce qui peut poser problème, c’est quand on reste dans l’inactivité, qu’on prend des anti-inflammatoires sans corriger la cause du problème, ou qu’on se fie uniquement à l’imagerie.
Et justement…
Ce que l’IRM ne dit pas toujours
On pense souvent que si une bourse est enflammée à l’IRM, c’est forcément la cause de la douleur. Pourtant, les études montrent le contraire.
Une étude de Barreto et al. (2019) a observé que des patients avec douleur d’épaule unilatérale avaient autant d’anomalies à l’IRM du côté sain que du côté douloureux. Même chose à la hanche : l’étude de Woodley et al. (2008) a révélé que les signes de bursite trochantérienne étaient présents aussi bien chez les patients symptomatiques que chez les asymptomatiques.
Et ce n’est pas tout. D’autres études confirment que la présence de bursite visible à l’IRM n’est pas forcément associée à une douleur :
- Gunderson et al. (2023) ont observé des bursites infracalcéennes à l’IRM chez des patients sans douleur au pied .
- Harris et al. (2022) ont comparé des IRM de pieds douloureux et non douloureux, et trouvé une fréquence similaire de bursites sous-capitales dans les deux cas .
Moralité : une bursite visible à l’imagerie n’est pas toujours responsable de ta douleur. Et à l’inverse, tu peux avoir une douleur sans que l’imagerie ne montre grand-chose.
Peut-on travailler avec une bursite ?
Oui, dans la grande majorité des cas, tu peux continuer à travailler. Il faudra peut-être adapter certains mouvements si la douleur est vive, mais l’immobilisation complète est rarement indiquée.
Ce qui compte, c’est de comprendre ce qui provoque la douleur : une surcharge mécanique ! C’est-à dire, une sollicitation trop importante d’une articulation par rapport à ses capacités.
Identifier le facteur de surcharge est souvent la première étape vers la guérison.
Combien de temps dure une bursite ?
Ça dépend du contexte, mais entre 8 et 12 semaines suffisent généralement pour une amélioration nette si la prise en charge est adaptée.
En cas de bursite, on observe souvent une diminution de la douleur avec une adaptation temporaire de l’activité douloureuse et la mise en place d’exercices.
Comment soigner une bursite ?
Voici la méthode Training Thérapie pour soulager une bursite, quelle que soit la zone :
- Comprendre la cause : relation charges et capacités
- Réduire la contrainte irritante sans tout arrêter.
- Renforcer les muscles autour de l’articulation pour restaurer une meilleure mécanique.
- Travailler la mobilité si nécessaire (ex : épaule raide, hanche verrouillée).
- Réexposer progressivement à la contrainte.
Exemple : pour une bursite de l’épaule, on renforce souvent les muscles de la coiffe et de la scapula, on améliore la mobilité en rotation externe et en élévation, et on évite les compressions répétées du type développé militaire en phase aiguë.
Pour une bursite du genou, on cherchera à décharger la zone en travaillant les appuis et les chaînes postérieures, tout en réintroduisant progressivement la course ou les squats selon les objectifs.
Comment soigner une bursite de l’Ă©paule ?
On traite la bursite en s’attaquant à la cause, pas à la bourse. Et dans la majorité des cas, c’est un déséquilibre entre mobilité et stabilité de l’épaule.
Le travail de renforcement ciblé est souvent plus efficace qu’un traitement passif. Dans notre article dédié ici, on détaille les erreurs à éviter, les exercices à privilégier et pourquoi il ne faut pas se focaliser uniquement sur l’IRM.
Comment soigner une tendinite et une bursite de l’épaule ?
Dans quels sports la bursite est-elle fréquente ?
Chaque bursite a son sport de prédilection :
- Épaule : natation, CrossFit, sports de raquette
- Genou : football, course Ă pied, lutte
- Hanche : course à pied, danse, sports avec appui latéral
- Pied : course sur surfaces dures, randonnée
- Coude : sports de combat, haltérophilie, travail prolongé sur appui
Dans tous ces cas, ce n’est pas le sport en lui-même qui est mauvais. C’est l’absence d’adaptation ou le manque de récupération qui déclenche la crise.

Prévenir une bursite, c’est possible ?
Oui, et c’est même ce qu’on fait tous les jours avec nos patients.
Il faut :
- Travailler la mobilité des zones clés (épaule, hanche, cheville…)
- Renforcer les bons muscles, en particulier ceux qui stabilisent l’articulation
- Apprendre à gérer les charges (volume, fréquence, intensité)
Et surtout : ne pas attendre d’avoir mal pour agir. C’est souvent quand on force avec une petite douleur banale que la bursite se déclenche.
Conclusion : ne te laisse pas piéger par l’image
Ce que tu ressens, c’est plus important que ce que l’IRM montre.
Tu peux avoir une bursite visible à l’imagerie… sans que ce soit elle qui te fasse mal. L’approche doit rester fonctionnelle, active, progressive. Et surtout, elle doit s’adapter à ton sport, ton quotidien, et ton objectif.
Chez Training Thérapie, on t’aide à sortir de la douleur, sans t’arrêter de bouger.

Bibliographie
- Barreto RPG, et al. Bilateral magnetic resonance imaging findings in individuals with unilateral shoulder pain. J Shoulder Elbow Surg. 2019;1–8. doi:10.1016/j.jse.2019.04.001
- Woodley SJ, et al. Lateral hip pain: findings from magnetic resonance imaging and clinical examination. J Orthop Sports Phys Ther. 2008;38(6):313–328. doi:10.2519/jospt.2008.2685
- Gunderson R, et al. MRI-based assessment of infracalcaneal bursitis in asymptomatic individuals. Foot Ankle Int. 2023;44(2):112–119. doi:10.1177/10711007221133424
- Harris R, et al. MRI findings in painful vs non-painful feet: is bursitis really symptomatic? Skeletal Radiol. 2022;51(10):1933–1941. doi:10.1007/s00256-022-04034-8