Est-ce que tu connais le BFR ?
Le but de cet article est de simplifier ta comprĂ©hension de ce qu’est le BFR : connaitre les diffĂ©rentes façons de l’appliquer et, surtout comment l’utiliser en toute sĂ©curitĂ©. Cet article ne vaut Ă©videment pas une formation, et nous t’incitons vivement Ă te former sur le sujet, avec l’organisme de formation K-Lyf par exemple (le cours en ligne de FrĂ©dĂ©rick Causse est vraiment excellent, et te permettra de maitriser toutes les ficelles de l’entrainement sous BFR, Ă condition de le mettre en pratique Ă©videment) : https://www.klyf.fr/e-learning/certificat-bfr-medical/
Nous ne prenons aucune commission sur la formation, nous te conseillons juste des choses de qualitĂ©, que nous avons suivi. N’y vois donc pas un placement de produit ????
Prends quelques minutes, poses toi devant ton Ă©cran, et lis ces quelques lignes pour t’initier Ă la comprĂ©hension du BFR !
Définition du BFR
DĂ©jĂ , qu’est-ce que c’est que le BFR ? Cela correspond au terme « Blood Flow Restriction » en anglais (oui, en anglais c’est toujours plus stylĂ© qu’en français apparement). Donc, si on le traduit, on parle de « restriction du flux sanguin ». C’est un type d’entrainement, donc le terme « entrainement en restriction du flux sanguin » nous semble plus adaptĂ©. Cela existe depuis plusieurs annĂ©es, et la littĂ©rature scientifique Ă ce sujet commence Ă ĂŞtre (très) bien fournie.
Comment est apparu le BFR ?
Le Docteur Japonais Yoshiaki Sato serait le pionnier dans ce domaine : suite Ă une blessure, en voulant essayer de rĂ©cupĂ©rer ses qualitĂ©s musculaires plus rapidement, il a dĂ©veloppĂ© le Kaatsu Training, en se crĂ©ant (sur lui mĂŞme) une occlusion brève et intermittente du flux sanguin (artĂ©riel et veineux) Ă l’aide d’un garrot. Bon, c’Ă©tait surement un peu fort car il a fini Ă l’hĂ´pital suite Ă ses premiers essais. Mais depuis, la technique s’est largement amĂ©liorĂ©e, et les règles de sĂ©curitĂ© sont assez claires aujourd’hui (on y reviendra Ă la fin de cet article) pour Ă©viter de se retrouver aux urgences comme lui.
Grâce Ă cette technique, il serait possible de s’entraĂ®ner en utilisant des charges lĂ©gères (20 Ă 30 % du 1RM, soit la charge maximale que tu peux dĂ©placer sur un mouvement, en fonction du tempo Ă©videment), tout en obtenant des gains importants en termes de force et d’hypertrophie. Magique ? Pas vraiment.…
La physiologie du BFR
Comment est-ce possible ? Que se passe-t-il physiologiquement ?
Le BFR limite le flux sanguin artĂ©riel ETveineux, et entraĂ®ne une accumulation de sang (et donc de mĂ©tabolites pendant et suite Ă un entrainement), ce qui pourrait augmenter les effets liĂ©s au stressmĂ©tabolique produit par l’exercice. L’entraĂ®nement avec le BFR créé une ischĂ©mie et une hypoxie locales, un stimulus mĂ©tabolique fort (en lien avec ce stress mĂ©tabolique), un « gonflement » des cellules musculaires, une augmentation du stress oxydatif, et Ă moyen terme une angiogĂ©nèse.
Le métaboreflexe est aussi augmenté (stimulation des métaborécepteurs localisés au niveau des muscles par l’accumulation de métabolites comme les ions H+). Les afférences neuronales sont donc activées dans les musclesqui travaillent sous BFR. Il y a donc aussi un intérêt en ce qui concerne le système nerveux central dans le travail sous BFR.
Les intérêts du BFR
Nous, les kinĂ©sithĂ©rapeutes et les prĂ©parateurs physiques, nous savons que certaines pathologies engendrent des dĂ©ficits qui sont parfois difficiles Ă Ă©viter (perte des capacitĂ©s musculaires et cardio-vasculaires le plus souvent). Cela s’explique partiellement par le fait que les personnes blessĂ©es ne peuvent tout simplement pas tolĂ©rer la charge qui leur permet (au moins) de maintenir leurs acquis. Cela peut ĂŞtre dĂ» Ă la douleur (et toutes ses composantes), Ă la capacitĂ© des tissus Ă tolĂ©rer cette charge, aux consignes post-opĂ©ratoires (si chirurgie il y a eu)…
Et bien, miracle (tu t’y attendais), le BFR permet des gains similaires (dans certains cas) Ă un entrainement « classique ». On peut donc « shunter » ces limitations, en travaillant Ă des charges faibles et sĂ©curitaires pour les tissus, tout en ayant des gains importants.
Nous t’invitons Ă plonger le nez dans la littĂ©rature actuelle (une petite partie minuscule est disponible en bibliographie de cet article) pour voir sur quelles variables le BFR possède un intĂ©rĂŞt !
Par exemple : l’entraĂ®nement (musculaire) Ă des intensitĂ©s comprises entre 20 et 30 % de la 1RM, en combinaison avec le BFR, a montrĂ© des effets similaires Ă l’entrainement Ă 70% de la 1RM sans BFR, en ce qui concerne l’hypertrophie musculaire.
L’entraĂ®nement avec charge lĂ©gère + BFR semble efficace, et c’est donc un outil potentiellement intĂ©ressant en rééducation. Si on le compare purement Ă un travail lourd sur les qualitĂ©s de force, les bĂ©nĂ©fices sont plus faibles (cela est Ă©vident lorsque l’on connait bien l’entrainement et la physiologie, il ne faut pas abuser). Mais, l’utiliser pour travailler avec des contraintes rĂ©duites sur les articulations et les tissus (par rapport au travail lourd) semble donc pertinent.
En revanche, il est primordial de dĂ©velopper une approche individualisĂ©e (comme dans toutes les thĂ©rapies physiques) pour optimiser les bĂ©nĂ©fices et minimiser les risques pour les patients sur qui on l’utilise.
Nous n’avons pas encore de donnĂ©es en ce qui concerne la mobilitĂ© et le travail de celle ci sous BFR, mais cela ne serait tarder (en attendant, si tu veux gagner en mobilitĂ©, ou en proposer Ă tes athlètes :
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Comment utiliser le BFR ?
Le BFR ne s’utilise qu’exclusivement au niveau proximal des membres. UNIQUEMENT !
Certaines machines rĂ©alisent les mesures d’occlusion en autonomie, c’est le cas des AirBands qui sont un petit bijou de facilitĂ© en ce qui concerne le BFR. https://airbandsbfr.com
Sinon, tu peux rĂ©aliser les mesures Ă la main, mais ce n’est pas en lisant un simple article que tu vas comprendre comment on le fait (on ne va donc pas dĂ©crire la procĂ©dure ici).
Ce qui est Ă©tonnant (et gĂ©nial) avec cette technique, c’est qu’elle peut ĂŞtre bĂ©nĂ©fique tout au long du continuum de soins. Que tu l’utilises avant une opĂ©ration, immĂ©diatement après, pendant les diffĂ©rentes phases de rĂ©cupĂ©ration, et mĂŞme après la rĂ©athlĂ©tisation, dans un but de performance et de rĂ©cupĂ©ration, le BFR est pertinent !
Il est important de noter que le BFR ne change pas grand chose Ă ce que nous faisons en tant que spĂ©cialistes du mouvement, et ne fait qu’augmenter les rĂ©sultats et les bĂ©nĂ©fices de nos exercices. Notre objectif en tant que professionnels est d’aider les gens Ă rĂ©cupĂ©rer d’une blessure, Ă mieux bouger, Ă ĂŞtre plus performants… Le BFR vient juste optimiser tous ces objectifs. C’est un outil clinique, qu’on utilise pendant le travail actif (ou parfois passif dans certains cas), et ce n’est donc pas un produit miracle. C’est pour cela qu’on l’adore !
Les contre indications du BFR
Les contre indications sont assez claires : antĂ©cĂ©dents cardiovasculaires graves, hypertension artĂ©rielle, infections, fractures proximales, plaies, et antĂ©cĂ©dents de thromboses veineuses profondes. Rien d’incroyable, juste de la logique encore une fois. Jusqu’Ă prĂ©sent, les thromboses après l’utilisation du BFR n’ont Ă©tĂ© que rarement dĂ©crites, mais des Ă©tudes supplĂ©mentaires plus claires pourraient ĂŞtre intĂ©ressantes Ă ce sujet, pour rassurer les utilisateurs comme nous.
Conclusion : le BFR est un outil ultra pertinent en rééducation
Le BFR est donc un outil ultra pertinent en rééducation, mais ce n’est pas simplement en lisant cet article que tu vas rĂ©ussir Ă le maitriser. Comme nous te l’avons dit en prĂ©ambule, il est primordial que tu te formes si tu veux t’en servir, et nous t’encourageons vivement Ă le faire (et les explications que nous t’avons donnĂ©es ici devraient t’avoir convaincu) !
Alors, tu es prĂŞt Ă passer le pas ?
Bibliographie
Hughes L, Paton B, Rosenblatt B, Gissane C, Patterson SD. Blood flow restriction training in clinical musculoskeletal rehabilitation: a systematic review and meta-analysis. Br J Sports Med. 2017 Jul;51(13):1003-1011. doi: 10.1136/bjsports-2016-097071. Epub 2017 Mar 4. PMID: 28259850.
Tegtbur U, Haufe S, Busse MW. Anwendung und Effekte des „blood flow restriction training“ [Application and effects of blood flow restriction training]. Unfallchirurg. 2020 Mar;123(3):170-175. German. doi: 10.1007/s00113-020-00774-x. PMID: 32095904.
Rolff S, Korallus C, Hanke AA. Rehabilitation mithilfe des „blood flow restriction training“ [Rehabilitation with the aid of blood flow restriction training]. Unfallchirurg. 2020 Mar;123(3):180-186. German. doi: 10.1007/s00113-020-00770-1. PMID: 32030478.