Classé comme un sport de pivot-contact, le rugby expose de nombreuses parties du corps au risque de blessures. Les collisions et les contacts directs sont fréquents, si bien que les impacts sont les principales causes de lésions : une part importante d’entre elles viennent des zones de combats et des plaquages.
Le rugby et ses zones Ă risques
Dans la pratique du rugby, plusieurs parties du corps sont plus susceptibles que d’autres d’être blessées. On t’invite donc à les protéger efficacement et à être vigilant en cas de douleur ! Si celle-ci est intense ou dure trop longtemps, il est conseillé de consulter un médecin.
Les zones particulièrement vulnérables au rugby sont :
- La tête et le visage : ils sont très exposés lors des mêlées et des plaquages à haute vitesse qui augmentent le risque de contact direct.
- Le cou : il peut être mis à mal, surtout lors de phase d’affrontement en mêlée ouverte.
- Les épaules : elles sont constamment sollicitées pendant les plaquages, en tant que plaqueur comme plaqué, les contacts physiques comme les percussions, les raffuts ou les mauls.
- Les mains : elles sont très exposées et peuvent être victimes d’écrasement ou de torsion.
- Le genou : il est sensibilisé par les mouvements de pivot et de changement de direction, combinés aux impacts directs lors des plaquages.
- La cheville : elle peut être blessée lors des changements brusques de direction, courses rapides, chutes ou contacts directs.
Tu l’as compris, le rugby est loin d’être un loisir de tout repos. Peu importe le poste occupé, il y a un risque de blessure important. Chaque poste sera plus ou moins exposé à certains types de lésions, les cervicales pour le pack de devant ou les déchirures musculaires pour les arrières par exemple. Et, surprise (ou pas), les hommes sont plus souvent blessés que les femmes, car ils vont davantage à la confrontation.
Les blessures les plus courantes au rugby
Bon, on se doute bien qu’avec toutes ces parties du corps à risque, les blessures sont multiples ! Commotion cérébrale, fracture du nez, entorse, luxation, atteinte du rachis cervical, déchirures ligamentaires : les exemples ne manquent pas. On te propose donc de découvrir les blessures les plus courantes, pour savoir les reconnaître.

La déchirure musculaire
Également connue sous le doux nom de « claquage », la déchirure musculaire se reconnaît à sa douleur violente et brutale. Si tu te fais un claquage, crois-nous, tu le remarqueras. Le joueur touché doit s’arrêter rapidement.
La plupart du temps, la déchirure musculaire est due à une contraction trop soudaine ou à un étirement excessif (overstretching). Tes fibres ne supportent pas le choc et subissent une lésion importante. Tu peux aussi en être victime si tu souffres d’une blessure antérieure qui a mal guéri.
La rupture des ligaments croisés
Les genoux possèdent deux ligaments croisés principaux : le LCA (antérieur) et le LCP (postérieur). Au rugby, les deux sont exposés. La rupture du ligament croisé antérieur, la plus fréquente, se produit généralement lors de changements rapides de direction, d’arrêts soudains ou de mauvaises réceptions. C’est la hantise des sportifs de haut niveau, car sa rééducation est longue !
La rupture du ligament croisé postérieur est quant à elle un peu plus rare, mais le risque zéro n’existe pas. Elle est plutôt due à des impacts directs sur l’avant de genou, ce qui peut arriver dans un sport de contact.
Et puisque la rupture du ligament croisé est loin d’être une partie de plaisir, elle est parfois associée à d’autres blessures : entorse, fracture, lésion méniscale ou des ligaments latéraux.
L’entorse
Une entorse peut en cacher une autre… Le plus souvent, l’entorse affecte la cheville et plus particulièrement le ligament latéral externe. Elle est très reconnaissable à la douleur du côté externe de la cheville et à l’œdème qui l’accompagne. Un examen clinique précis permet de confirmer le diagnostic.
Mais savais-tu que l’entorse ne touche pas que la cheville ? Ce serait trop facile. Tu peux aussi avoir une entorse cervicale, heureusement rare à un stade grave, ou une entorse acromio-claviculaire. Celle-ci résulte d’un choc direct sur l’épaule ou d’un traumatisme indirect causé par une chute.
Les blessures du rachis cervical
Le rachis cervical est la portion supérieure de la colonne vertébrale, composée de sept vertèbres situées dans le cou. Il est donc, logiquement, très exposé au rugby et particulièrement sur les zones d’affrontements.
Il peut être sujet à plusieurs types de blessures plus ou moins graves : contusions, entorses, dégénérescence arthrosique, etc. Autrefois très fréquentes, les atteintes du rachis cervical ont heureusement diminué grâce à des décisions de la Fédération Française de Rugby. Les joueurs ne peuvent plus entrer « tête contre tête » dans la mêlée, limitant les risques d’effondrement.
La luxation de l’épaule
Puisque l’épaule est très exposée, les joueurs peuvent être touchés par une luxation de l’épaule. Celle-ci peut récidiver et doit donc presque toujours être opérée chez les professionnels. On estime que les rugbymen ont 5 fois plus de luxations que monsieur Tout-le-Monde !
On reconnaît la luxation à plusieurs signes : une douleur intense, parfois une déformation visible, une mobilité réduite, une sensation de picotement ou de faiblesse dans le bras ou la main.
Les bons réflexes au rugby !
Mieux vaut prévenir que guérir, n’est-ce pas ? Il est en effet très recommandé de prendre quelques précautions pour éviter les blessures au rugby. C’est tout à fait possible, et tu pourras ainsi profiter pleinement de tes matchs, sans stress.
Bien se connaître et évaluer son stress mécanique
Ce qu’on appelle le « stress mécanique », c’est la contrainte exercée sur ton corps, et plus précisément sur tes tissus, pendant l’effort. Plus celui-ci est intense, plus la contrainte est importante et le risque de blessure élevé si tu ne respectes pas ce que ton corps est en mesure de supporter à un instant T. Ne t’inquiète pas, ton corps va s’adapter à ce stress mécanique mais il lui faut un peu de temps.
Autrement dit, bien te connaître est essentiel : il faut évaluer l’intensité et la durée de l’activité que tu peux imposer à ton corps.
Une douleur ressentie ne doit jamais dépasser 4/10 pendant l’activité et tu ne dois pas ressentir de gêne forte le lendemain de ton entraînement ou de ton match sinon c’est que ce que tu es entrain de faire est plus néfaste que bénéfique.

Être bien équipé
Après t’être bien échauffé – étape cruciale dans tout sport –, tu pourras enfiler tes équipements. Ils sont essentiels pour te préserver de nombreuses blessures évitables.
Parmi les indispensables des rugbymen, tu retrouveras le protège-dents, les chaussures à crampons (adaptées à la pratique du rugby) et le casque pour certains qui ont peur d’abîmer leur cuir chevelu. Tu pourras aussi ajouter, selon tes besoins ou ton niveau, des bandages ou straps pour soutenir les articulations vulnérables.
Les épaulières permettent principalement de rassurer son détenteur mais n’ont aucun impact sur le risque de blessure.
Être accompagné par un kiné du sport
Le kiné du sport est un pro de l’activité physique et de ses effets sur le corps humain. Les joueurs de rugby ont tout intérêt à se faire accompagner, pour plusieurs raisons :
- Évaluer avec justesse le « stress mécanique » que tu peux supporter.
- Prévenir les blessures en développant des programmes d’exercices personnalisés : renforcement musculaire, travail de la flexibilité et de la stabilité, etc.
- En bas de blessure, coacher le sportif dans sa guérison et son retour au sport.
- Améliorer la performance.
- Optimiser la gestion de la douleur grâce à des massages, de la mobilisation, des étirements, etc.
Ajoute à ça des conseils précieux pour prendre soin de ton corps afin d’être à la fois performant et en bonne santé. Ce n’est pas pour rien que tous les sportifs de haut niveau ont leur kiné du sport !
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